C'est Léré (Quicherat
2. Lisez port Saint-Thibaut, sur la rive gauche de la Loire, à 2 kil. à l'ouest de Sancerre.
3. Gosne (auj. ch.-l. d'arr. du dép. de la Nièvre, sur la rive droite de la Loire).
Et, ce fait, icelluy conte descendit en l'ostel d'un nommé Bechereau, près dudit Saint-Fergeau, et mena avec luy ledit serviteur, et luy fist escripre des lettres adressans à Geuffroy Gueur, qui furent baillées à l'un desditz francs archiers, avecques le plaquet dudit archevesque. Lesquellez lettres receues par ledit Geuffroy Gueur, avec ledit plaquet, iucontinant follement issit hors de ladicte place de Saint-Fergeau avecques ung nommé Bernard, son maistre d'ostel, et ung nommé Dimenche Brimon, son serviteur, et allèrent jusques à la croix de Vauvert^. A laquelle croix ledit Benard alla devant, vers la maison dudit Bechereau, et ledit Dimenche vers le Boulin^. Et, en aprouchant par ledit Benard à l'hostel dudit Bechereau, dès ce que ledit conte les vit, il n'eut aucune passience qu'il ne suyvist ledit Benard vigoureusement jusques ad ce qu'il eust attaint. En laquelle attainte luy donna plusieurs coups d'espée, et fut chassé jusques à laditte croix de Vauvert.
Et, en ce faisant, ledit conte vit traverser ledit Yoyau du Beau-Ghesne, lequel lieu est constitué en Puisaye. Auquel Voyau ledit conte demanda dont il venoit ; lequel luy respondit qui venoit de là où il [l'Javoit envoyé. Et ledit conte luy dist : « Nous avons perdu nostre homme ; » et ledit Voyau respondit : « Vous n'avés riens perdu; regardés derrière vous, vous verres qu'on le vous amené. » Et ledit conte luy demanda s'il savoit bien que c'estoit ; il luy respondit que oy .
Alors ledit conte ne bougea et attendit ledit Geuffroy Gueur à laditte croix, et, sitost que ledit Gueur congnut ledit conte de Dampmartin, requist à ceulx qui le menoient qu'ilz le laissassent descendre ; ce qu'ilz firent. Et, quant ledit Geuffroy Gueur s'aproucha dudit conte, se raist à deux genoulx devant luy, luy requérant mercy. Lequel conte icelluy releva et le print par dessoubz les bras, et luy dist : « N'aiez peur, » et le mena à pied jusques à la porte de la ville dudit Saint- Fergeau, laquelle ilz trouvèrent fermée. Et estoit sus le por-