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M. François du Breil de Marzan, auteur de la Famille et

l Autel.

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saisir, car il passe vite. Les feuilles ouvertes d'hier sont tendres comme la rosée et d'une verdure transparente; j'ose à peine y toucher de peur de les flétrir. Cependant avant-hier j'en ai arraché quelques-unes avec Élie, des feuilles de hêtre, pour en faire un plat, à l'exemple des Bernardins. Ce n'est pas mauvais, il y a quelque saveur, mais c'est un peu dur. J'avais vraiment des remords d'arracher ces pauvres feuilles à peine nées. Elles auraient vécu leur vie, se seraient réjouies au soleil et balancées au vent. Je pensais à tout cela tandis que je les coupais, et cependant ma main n'en allait pas moins ravageant les rameaux. Au reste, tout en commettant cette petite cruauté, j'avais avec Élie un de ces entretiens qui reviennent de temps à autre, toujours avec charme et allégement de l'âme. En nous en allant, notre panier plein, nous nous promettions de cueillir des feuilles de temps en temps, faisant allusion à notre causerie.

La Chênaie me fait reflet d'une vieille bien ridée et bien chenue, redevenue par la baguette des fées jeune fille de seize ans et des plus gracieuses. Elle a toute la fraîcheur, tout l'éclat, tout le charme mystérieux de la virginité. Mais, mon Dieu, que cela durera peu ! M. Féli nous montrait hier des feuilles déjà percées et échancrées par les insectes.

Il a plu toute la nuit. Surcroît de verdure et de vie. Je me suis promené vers les 7 heures le long de l'étang. Les arbres penchés sur l'eau s'égouttaient

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