Journal militaire de Nicolas Renaud d'Avène des Méloizes, 1756- 1759. --
Il était le fils de Nicolas-Marie Renaud d’Avène des Méloizes, officier dans les troupes du détachement de la marine, et de Angélique Chartier de Lotbinière, et naquit à Québec le 21 novembre 1729.
Il entra dans les troupes du détachement de la marine dès qu’il fût en âge de servir (1er janvier 1741).
Il fit les différentes campagnes d’Acadie en 1746 et 1747 et prit part à l’engagement des Mines en juin 1747.
Le 15 février 1748, M. des Méloizes était choisi comme enseigne en second, en remplacement du sieur de Senneville, promu.
Il fit les campagnes de la Belle-Rivière en 1753 et 1754, et, en 1755, il prenait part à la bataille du Lac Saint-Sacrement où les Français furent défaits à cause de la présomption du général Dieskau.
Le 1er mai 1757, M. des Méloizes était promu lieutenant.
En cette même année 1757, une petite troupe canadienne commandée par M. Rigaud de Vaudreuil et ayant pour officiers MM. de Corbière, de Langlade, Hertel, La Chapelle et des Méloizes, attaquait, aux environs de Carillon, 22 barges anglaises contenant 350 hommes commandés par le colonel Parker, qui avait succédé à Schuyler. Ils s’emparèrent de 20 barges et firent bon nombre de prisonniers.
M. des Méloizes était, le 8 juillet 1758, à l’affaire de Carillon où Montcalm battit l’armée anglaise.
Le 1er janvier 1759, M. des Méloizes recevait le grade de capitaine en même temps que le brevet d’aide-major des troupes du détachement de la marine.
Le 28 avril 1760, à Sainte-Foy, il remplissait les fonctions de capitaine aide-major. Il fit dans cette journée des prodiges de valeur et fut blessé à la cuisse d’un éclat de bombe.
M. de Vaudreuil, écrivant de Montréal, au ministre Berryer, le 3 mai 1760, dit:
“M. des Méloizes, capitaine aide-major de nos troupes, attaché à la brigade de la marine, fit des prodiges de valeur; il eut
enlevé deux drapeaux aux ennemis qu’il avait laissé derrière lui, si un faux avis ne lui eut persuadé que ces drapeaux étaient déjà entre les mains du régiment de Guyenne.”
Le chevalier de Lévis, témoin de sa belle conduite, écrivait à son tour à M. Berryer, le 28 juin 1760:
“Le sieur Mélouèze (Méloizes), premier capitaine-aidemajor, a été blessé dangereusement; c’est un officier de distinction et qui a des talents. Je crois qu’il mérite la croix de Saint- Louis; cette grâce donnera de l’émulation aux officiers de l’étatmajor (1).”
C’est le 20 octobre 1760 que M. des Méloizes, guéri de sa blessure, s’embarqua pour la France.
L’année suivante, le 24 mars 1761, il recevait la croix de Saint-Louis.
Jeté à la Bastille avec un grand nombre de ses compagnons d’armes, sous le prétexte qu’ils avaient pris part aux prévarications de l’intendant Bigot, il fut honorablement acquitté après une longue instruction.
Le 11 janvier 1764, le roi faisait adresser la lettre suivante au duc de Praslin:
“M. des Méloizes, ci-devant capitaine aide-major en Canada, ayant, monsieur le duc, été retenu à la Bastille pour les affaires du Canada dans lesquelles il n’a point eu de part puisqu’il a été déchargé par le jugement de toute accusation, il a besoin de passer dans cette colonie pour aller vaquer à ses affaires et y vendre son bien. Je vous prie de vouloir bien lui obtenir de la cour d’Angleterre par le canal de M. de Guerchy, une prolongation de terme d’une année au delà de celui fixé par le traité, sa détention ayant été plus longue que ce temps là, afin qu’il puisse jouir dans cette colonie de toutes les facilités promises par le même traité du bénéfice duquel il n’a pu profiter puisqu’il se trouvait détenu. Il compte passer à Québec dans les six premiers mois de cette année (2).”
M. des Méloizes revint, en effet, au Canada dans le cours de
(1) Lettres du chevalier de Lévis concernant ta guerre du Canada, p. 36*1.
(2) Rapport concernant les archives canadiennes pour l’année 190-1, p. 28.
ARCHIVES DE QUÉBEC
Le 9 septembre 1765, par acte reçu par le notaire Jean Saillant, il vendait son fief et seigneurie de Neuville ou Pointe-aux- Trembles à Joseph Brassard Deschenaux pour la somme de quarante-cinq mille livres.
En 1787, nous voyons M. des Méloizes siéger à l’Assemblée provinciale de l’île de France comme représentant de la noblesse pour le département de Senlis.
Il décéda à Blois le 11 septembre 1803,
M. des Méloizes avait épousé, au château de Fresnoy, le 5 janvier 1767, Agathe-Louise, fille du marquis de Fresnoy et de Elisabeth-Louise Blanchard de la Rochette, Le marquis de Fresnoy descendait par sa mère de l’amiral de Coligny, si célèbre dans les guerres de la France, Agathe-Louise de Fresnoy, enfant unique, transmit à la famille des Méloizes le titre de marquis de Fresnoy, conféré à Henri de Fresnoy, son aïeul, au mois d’août 1652, et dont par une flatteuse dérogation aux règles établies, la jouissance avait été étendue à la descendance féminine, “Ayant égard, est-il dit dans ces lettres, aux grands et recommandables services que notre cher et bien-aimé Henri de Fresnoy, sieur de Neuilly, nous a rendus, et à ceux que ses père et ayeux ont cidevant faits à nos prédédesseurs rois . . . Mettant d’ailleurs en considération la qualité de la terre et seigneurie de Fresnoy. . . relevant entièrement de nous . . . avec droit de haute, moyenne et basse justice, et de laquelle sont tenues et mouvantes plus de cinquante terres nobles . . . avons de grâce spéciale, pleine puissance et autorité royale . . . érigé en titre, dignité et prééminence de marquisat les dites terres et seigneuries de Fresnoy, Neuilly, Saint-Just, Bornel, Bâillon, etc,, etc,, sous le nom de Fresnoy, pour en jouir et user le dit sieur de Fresnoy, ses hoirs successeurs et ayants cause mâles et femelles, pleinement, paisiblement et perpétuellement, nonobstant tous règlements, ordonnances, déclarations et lettres à ce contraires, auxquels nous avons dérogé et dérogeons,’’