‹ Journal [par] Stendhal. Texte établi et annoté par Henry Debraye et Louis RoyerChapitre 1 sur 60 · LIBRAIRIE ANCIENNE HONGRE CHAMPION · texte numérisé non relu

LIBRAIRIE ANCIENNE HONGRE CHAMPION

EDOUARD CHAMPION 5, Quai Malaquais, VI'

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INTRODUCTION

Les ouvrages autobiographiques d'Henri Beyle offrent à l'historien de sa vie et de sa pensée des documents d'une valeur inestimable et cependant diverse. Il faut avant tout faire ce qu'on appelle en histoire la critique des sources, et discerner dans chaque œuvre la part de la vérité et celle de l'erreur plus ou moins volontaire.

La Vie de Henri Brulard est écrite presque un demi-siècle après les événements, et écrite pour le public par un écrivain déjà connu, membre du corps diplomatique, chevalier de la Légion d'Honneur, et qui, inconsciemment et de la meilleure foi du monde, pose un peu pour la galerie.

Les Souvenirs d'Egotisme ont été rédigés moins longtemps après les événements, mais ils sont également destinés à être lus un jour ^ par quelque

1. « A n'imprimer que dix ans au moins après mon départ, par délicatesse pour les personnes nommées. » (Souvenirs d'Egolisme, éd. Casimir Stryienski (Paris, 1892), page 1, note 1.)

II INTRODUCTION

âme aimée de l'auteur, « par un être tel que Madame Roland ou M. Gros, le géomètre )> ^.

Quelle que soit la sincérité de l'un et de l'autre ouvrage, ils n'ont ni le charme de primesaut ni surtout la valeur documentaire du Journal. Le Journal de Stendhal est une source de premier ordre pour l'histoire de la vie d'Henri Beyle, source d'autant plus importante qu'elle se réfère à la partie la plus intéressante, pour l'historien, de la vie du maître, l'époque de sa formation littéraire, l'époque aussi la plus agitée et la plus remplie de sa vie administrative et de sa vie sentimentale. Nous possédons les réflexions intimes d'Henri Beyle depuis sa dix-huitième année jusqu'à la trente-cinquième, depuis l'époque où, jeune souslieutenant spleenétique et malade, il parcourait l'Italie du Nord, jusqu'à l'année qui suit la publication du premier livre signé de Stendhal : Rome^ N a pies et Florence.

Dans ce journal non pas sans souci (ni même, souvent, sans soucis), mais du moins sans autre prétention que celle de se comprendre lui-même, de se façonner le caractère et la sensibilité, nous avons tout le Stendhal de la formation sentimentale et littéraire. Nous y trouvons, au hasard des cahiers, beaucoup d'orgueil, et du plus noble (un Stendhal pouvait, et devait, en avoir), quelque vanité par-

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