‹ Journal [par] Stendhal. Texte établi et annoté par Henry Debraye et Louis RoyerChapitre 12 sur 60 · Stendhal-Beyle (2^ éd., Paris, Pion, 1902), p · texte numérisé non relu

Stendhal-Beyle (2^ éd., Paris, Pion, 1902), p

JOURNAL DE STENDHAI.. B.

INTRODUCTION

qu'une c[ousine] qui avait de l'amitié pour mou Je répliquai que je l'aimais depuis dix-huit mois, qu'à Paris j'étais parvenu à cacher mon amour en cessant de la voir de temps en temps pendant huit ou dix jours, quand je sentais que je l'aimais trop... » Mais la jeune femme, qui jusque-là s'est conservée « intacte » (c'est elle qui le dit à son cousin) n'avoue même pas une pensée d'amour à son égard, quoique le séducteur ait annoncé, pour exciter sa jalousie, son mariage prochain. Le 3 juin,, après quelques jours charmants d'incertitude, l'amoureux Beyle quitte la comtesse le cœur gros. « J'avais besoin de rire, car je me sentais une violente envie de pleurer. » Quand, le 29 août, il quittera Paris pour l'Italie, il n'était pas plus avancé dans son entreprise que le premier jour.

La Pietragrua fut moins farouche que la comtesse Alexandrine ^. Il était, le 15 septembre 1811, si heureux de cette belle maîtresse enfin conquise que, comme un amoureux ordinaire, il souhaite la mort entre ses bras.

Pendant cet heureux voyage, il revit Adèle Rebufîet, cette Adèle qui avait occupé sa tête si longtemps au commencement du siècle, et dont le mari, Alexandre Petiet, remplissait à Florence les fonctions d'intendant des biens de la couronne.

1. Il portait, en livrant « bataille » à la Pietragrua, le même pantalon que le 31 mai précédent, lors de l'attaqua de Palfy. Mais les résultats furent bien différents !

INTRODUCTION XXIIf

Des flots de souvenirs le submergent et l'empêchent de jouir comme il l'aurait voulu de la capitale toscane. La conclusion est la même qu'en 1805 : « elle a un cœur de coquette », le cœur « le plus sec de Paris ^ ».

Après avoir rencontré à Ancône une Livia B., ■de laquelle nous ne savons rien, il retrouve aux environs de Varese, puis à Milan, pour trois semaines, sa Pietragrua. Il la retrouvera en 1813 ^, en 1814 et enfin en 1815, date de la rupture violente et pénible ^.

L'aventure avec Angela semble calmer les ardeurs de Beyle pour quelques années ; nous n'avons, il est \Tai, que bien peu de souvenirs intimes après le voyage de 1815 : seulement, en 1818, un récit de voyage dans la Brianza. Et rien ne nous reste — ou n'a été écrit — de cet amour profond et jamais récompensé pour Métilde, qui commença précisément en 1818.

Le Journal est donc un témoin fidèle et sincère de la formation psychologique et littéraire de Stendhal, du Stendhal dont les amours vont d'Adèle

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