Cela ist bien loin d'être général
2. Je n'ai pas le temps de creuser cette idée, je travaille à Letellier.
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La différence d'un homme passionné, de moi par exemple, à Marmontel, c'est que je vois que j'aurais mis tout mon bonheur ou tout mon malheur dans des choses où il ne mettait, lui, que la vingtième ou trentième partie de ce bonheur.
Les actions que fait le protagoniste d'une comédie ne sont pas considérables en elles-mêmes, mais par les rapports qu'elles montrent existants entre les principes constitutifs de la volonté du personnage, ce qui nous assure presque que dans telle circonstance il agirait de telle manière, et que s'il avait une place importante dans la société, roi par exemple, il se déciderait aux plus grandes choses, à la paix ou à la guerre, à porter telle ou telle loi, par les mêmes passions qui font qu'il se décide à donner un repas plutôt sur l'avis de son valet que sur celui de sa femme.
Les actions dhin protagoniste ne sont donc pas considérables par elles-mêmes, mais parce qu'elles montrent son caractère. Il n'en faut donc négliger aucune, quelque petite qu'elle soit (pourvu qu'elle ne tombe pas dans le bas), dès qu'elle peut peindre naïvement, franchement, le caractère.
18 frimaire XIII [-9 décembre 1804]. Dimanche.
J'ai bien des choses à écrire depuis le 11 frimaire, dimanche dernier.
Pendant peu de semaines de ma ^^e, j'ai été
témoin d'événements aussi intéressants pour moi ; il y a eu plusieurs jours où je sentais de quoi remplir plusieurs pages, comme, par exemple, une journée que je passai tout entière chez Martial et chez M. de Baure.
Dimanche, 11 frimaire, jour du couronnement, nous n'avions pas le sou, Mante ni moi ; il vint me prendre à sept heures et demie, nous allâmes tout bonnement dans la rue Saint-Honoré, vers le café Français ; nous trouvâmes par hasard la députation de la garde nationale de l'Isère, Penet, Durif, Chavand, Reverdy, Thénard, etc., par le moyen de qui nous vîmes parfaitement le petit cuistre portant la croix du pape vers les dix heures un quart, ensuite le pape, et, une heure et demie après, les voitures de l'empereur, et l'empereur lui-même. Nous vîmes très bien le pape et l'empereur.
Le soir, en me rendant à quatre heures et demie chez M"^^ Rebufîet, pour voir passer le cortège, je le rencontrai en route, et le vis bien.
Je réfléchissais beaucoup toute cette journée sur cette alliance si évidente de tous les charlatans. La religion venant sacrer la tyrannie, et tout cela au nom du bonheur des hommes. Je me rinçai la bouche en lisant un peu la prose d'Alfieri.
Martial et moi nous emmenâmes M°^® Reb[ufîet] et Adèle voir les illuminations des Tuileries, qui véritablement étaient fort belles, mais il faisait très froid. Pacé and Gâte qui passaient devant nous
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avaient l'air de deux amants qui se querellent. Je vins me coucher à deux heures du matin, je fus réveillé par mon oncle Gagnon qui arrivait des Echelles, et qui actuellement (onze heures et demie du soir) que j'écris ceci, est là couché dans mon lit, où il s'est mis le premier. Depuis lors, nous avons dîné chez M^^^ Sauzay ; le vaniteux Samuel Bernard, caractère vivant observé. Le lendemain du jour où B[onaparte] est allé au Champ de Mars distribuer les Aigles, nous l'avons vu passer, mon oncle, M™^ R[ebuffet], sa fille et moi, du Corps législatif. Nous sommes restés ce jour-là quatorze heures avec ces dames. Une étincelle of loue est sortie de la cendre chaude. Nous avons fait une autre visite où Gâte, étant plus naturelle, a recommencé à me plaire ; je crois aussi que je lui ai plu.
Au moins comme un ami, si ce n'est comme amant.
Elle a eu deux ou trois moments de naturel avec moi qui m'ont enchanté, surtout celui où je lui conseillais la lecture du premier livre d'Emile, de l'Esprit, et des Considérations sur les Mœurs de Duclos.
Divin naturel, quel n'est pas ton empire ! Les hommes les plus bornés n'aperçoivent pas toujours que ce qu'on leur montre n'est pas naturel, mais ils ne se laissent charmer, ce me semble, que par ce qui l'est.
Je brode parce que je n'ai pas le temps de m'ap-
pesantir, sans quoi je parlerais au long d'une visite <le trois heures de Pierre D[aru], d'une de Pacé et du caractère parfaitement soutenu de vaniteux (dans le genre fonctionnaire public) du petit S. Bernard, sous-préfet à Rochefort.
Il semble que ce dernier feu follet d'amour pour Gâte n'ait reparu dans mon cœur que pour le mettre précisément dans la position où il se trouvait en floréal an X.
J'ai revu Héloïse *, je n'étais pas dans mes accès de tendresse ; cela m'a ôté des jouissances, mais m'a empêché en même temps de me conduire comme un sot. Je l'ai revue, je lui ai dit deux mots : « J'ai l'honneur de vous saluer. Mademoiselle. » Là-dessus, elle m'a fait une courte révérence, et fuyait dans son appartement ; j'ai ajouté : « Edouard y est-il ? » Elle m'a répondu : « Je crois, il est là, Monsieur. » Je ne me souviens pas de sa réponse, j'étais trop occupé à l'examiner. Je l'ai trouvée la figure très allongée, très maigrie. Cela est-il réel, ou est-ce l'effet des plaidoyers de l'avocat Contre, qui me disait sans cesse : « Elle n'est pas jolie, » sur ce qu'Alexandre Mallein m'en avait dit. Il lui avait reproché d'être grosse, sur cela je me l'étais figurée trop grosse. Quoi qu'il en soit, j'ai cru voir un grand trouble sur sa figure, mais je ne suis pas sûr de cela à cause de l'amaigrissement. Ce qui cependant me le fait croire, c'est qu'un domestique entrant dans
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l'antichambre où je l'ai vue a prononcé à haute voix : « M. Beyle. »
Dans mes systèmes dramatiques de maximums^ j'aurais dû profiter de ce moment pour lui faire voir mon amour ; je ne l'ai pas fait, et cependant je crois que c'est la femme que j'aimerai jamais le plus. Voilà ce qui donne à réfléchir à mon amour de la gloire.
De là je suis passé dans le cabinet du père, où Edouard m'a reçu, mais froidement. Il m'a dit : « Vous êtes fleuri comme un Parisien ! » En effet, ma mise, quoique commune, grâce à mon bâtard, avait cet aimable désordre qui annonce un jeune homme accoutumé à être bien, et dans les sociétés élégantes de ce pays.
Au bout d'un quart d'heure de froideur, je suis sorti avec deux hommes qui étaient là en visite. Nous nous sommes promis de nous revoir, mais froidement de sa part. Je lui ai trouvé la figure^ jusqu'à la bouche, très bien, mieux encore que je ne me la figurais. L'avocat Contre, d'après l'opinion de Mallein, avait en général trop exagéré en mal les souvenirs de beauté.
Il m'a répété à propos de mes logements son ancienne phrase sur mon inconstance naturelle, qui paraît être une opinion chez lui.
En général, sa conduite a été très bonne s'il veut poliment rompre avec moi ; tout tendait là, toute la chaleur, toute la vivacité étaient de son côté.
Pendant ma courte audience, où un jeune Rennais élevé à Paris a constamment été en tiers, Philippine est venue lui dire que sa sœur le demandait ; il a dit : « J'y vais », en restant. Elle est revenue, il est sorti, et est rentré une minute après par l'autre porte, avec la physionomie de l'intention que je viens de dire de rompre poliment. Peutêtre V[ictorine] ne m'avait-elle pas reconnu et lui a-t-elle demandé si c'était là ce Beyle ; ce serait fort, mais possible.
J'étais bien, autant que ma figure, qui n'a pour elle que la physionomie, me le permet ; le jabot, la cravate, le gilet, bien ; les cheveux non massés en génie, parce que je venais de les faire couper à midi. En général, j'ai dû produire sur elle cette impression à^élégance parisienne dont Edouard m'a parlé. Mais je sens par moi-même combien tous les signes que donnent les gens passionnés peuvent être trompeurs ; ce récit, quoique fait avec raison, peut être à mille lieues de la vérité. Elle était en chapeau de paille à l'allemande, noué sous le menton avec des rubans, bleus je crois. Actuellement, je dois m'appliquer à trouver les moyens de la revoir. Que je voudrais pouvoir l'examiner à mon aise au spectacle !
Voici le plan du champ de bataille ^*, tout cela
1. Style. — Mante aurait peut-être dit logement ; mais en disant champ de bataille, je fais concevoir d'abord logement, et ensuite le rapport sous lequel je le vois. Peut-être
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au deuxième étage, n^ 558, que j'ai longtemps cherché. Au reste, je suis loin de blâmer sa conduite à mon égard, je la trouve raisonnable, cela grâce à mon expérience, dans mes accès de sensibilité, où, il y a un an, j'en aurais jugé bien différemment. Minuit sonne, je suis fatigué, j'ajouterai demain les détails, si d'autres me reviennent. Ainsi, dans cette semaine, j'ai vu le pape, Bonaparte allant se faire sacrer, mon oncle à Paris, Adèle quatorze heures de suite, une visite de trois heures de P[ierre] D[aru], et par dessus tout mon Héloïse.
Il mio zio mi dice ieri sera : Ho veduto due ore M. y il suo fîlio et le sue figlie son qua. Questa nuova mi turhô piacevolm,ente. Rienirando délia casa délia S. R. trovai un viglietto di visita di Edouard for M^ R. L'ho veduta circa quatro mena un quarto, strada del RaCy air allogiamento del S. Degernd *.
Le 18 frimaire, avec mon oncle, sortant d'un dîner de famille où il a une discussion avec Pierre D[aru], au Matrimonio segreto. Le temps coule agréablement sans que nous nous en apercevions.
L'avant-veille, ensemble, au Français, la Surprise de Vamour, de Marivaux, dialogue tatillonne et marivaudé ; très mauvaise pièce, suivie des Femmes *, pièce ennuyeuse et trop hors de la nature. Le tout ennuie il zio.
eût-il été peiné du travail de tête que cette expression exige. Ces nuances échappent aux métaphysiciens (Mante, Rey).
[19 frimaire-lO décembre.]
Le 19, au Muet, suivi de V Amant hourru*. Rentrée de Dugazon, je ne l'ai jamais entendu tant applaudir, et j'ai mieux senti son mérite dans le Muet que je ne l'avais jamais fait. Le Muet, qui est VEunuque de Térence ajusté à nos mœurs (on sent l'antique à tout moment), pièce médiocre qui a le grand mérite que les actes ne se ressemblent pas.
Mercredi, 21 frimaire an XIII[-12 décembre 1804].
Martial me mène chez D[ugazon] ; nous disons chacun le récit de Cinna. Je ne conçois rien de ràieux, rien de plus franc (de moins maniéré) que ce que ce profond acteur nous a dit ; il m'est rarement arrivé de ne concevoir rien de mieux. La Phèdre de Guérin est peut-être la seule chose qui ait produit cet effet sur moi.
Je suis enchanté de Dugazon ; il va nous faire un commentaire vrai et chaud de tous les rôles qu'il nous fera dire, et m'apprendra à les concevoir bien dits.
Il est tellement supérieur à La Rive qu'il n'y a pas de mesure commune entre eux.
Il aime la gloire, il ne nous a point exprimé ce sentiment en phrases pompeuses ; c'est un mot dit par lui comme sans conséquence qui me l'a appris.
La connaissance de D[ugazon] est un des plus
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heureux événements qui pût m'arriver pour mon talent.
Je me suis fatigué, ce qui a fait que je me suis bien porté tout le reste du jour.
Je sors de Macbeth, de Ducis, joué par Talma ; la leçon de ce matin me l'a si fort gâté qu'il n'a fait aucune impression sur moi ; il est d'une monotonie ennuyeuse.
La pièce de Ducis, qui m'a constamment ennuyé, est détestable ; c'est la charge du terrible, comme les figures du papier de M. Muron * sont la charge des formes de V Apollon du Belvédère et de la Diane. C'est une des plus détestables manières dont on pût gâter la superbe pièce de Shakespeare.
Ducis semble avoir oublié qu'il n'est point de sensibilité sans détails. Cet oubli est un des défauts capitaux du théâtre français. J'ai lu dernièrement VOreste d'Alfieri, en le sentant bien ; j'y ai trouvé le même défaut. Je n'entends pas par là comparer le moins du monde Ducis à Alfieri ; le Français a aussi peu de bon sens que l'Italien en a beaucoup. J'ai trouvé que le premier acte d'Oreste n'était qu'une exposition, le deuxième presque la même chose ; l'action ne marche pas depuis le premier vers. Shak[espeare] est bien plus près de la tragédie que je n'exécuterai peut-être jamais, mais que je conçois.
Il faudra que j'aie le courage de mettre beaucoup de détails sur la scène et de faire dire par exemple :
« Le Roi dort dans cette chambre. » Et puis je ferai une tragédie absolument nouvelle, en y faisant entrer la peinture des caractères.
Le Macbeth de Ducis ne vaut pas exactement une pipe de tabac. Le physique de M}^^ Raucourt, vêtue de blanc et éclairant sa figure scélérate avec un gros flambeau, m'aurait renversé de terreur s'il avait été bien amené.
Il zio a vu Beauharnais ; à mon retour, il m'a conté la réception amicale que celui-ci lui avait faite, ce qui m'a donné des illusions d'ambition pendant deux heures.
Combien peu il faut m'alarmer des succès, et combien il faut apprendre à lire dans l'histoire ; la Phèdre de Pradon et la Rodogune de Gilbert ont disparu devant les pièces de R[acine] et de C[orneille]. Si j'étais en province, occupé à faire un Macbeth, et qu'on me dît le succès de celui de Ducis, je me croirais perdu et n'aurais pas de repos que je fusse venu le voir à Paris ; je serais malheureux jusque-là. Profitez de ce raisonnement pour apprendre à travailler en province. Quel bel endroit, pour y composer une tragédie, que la Grande-Chartreuse !
28 frimaire an XIII[-19 décembre 1804].
J'ai bien laissé passer d'événements depuis le jour de Macbeth. Le 26, je fus à Ariane *, suivie de VAi'is aux Maris *. M^^^ D[uchesnois] fut belle et
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supérieure ; mais trop de vers jetés sur un air en musique chromatique. M^^^ Mars, toujours plus parfaite, à ravir à ce mot à son mari (troisième acte) : « Ah ! le méchant. »
L'Empereur vient au deuxième acte de la tragédie et s'en va au dernier. Mon oncle et moi nous l'avons bien vu ; il a le front et le nez plus ainsi : A*, que je ne croyais, ces deux effets du front et du nez parallèles sont très communs en France et forment une mine assez basse, comme Picard l'acteur.
Le 27, Misanthropie et Repentir*, mauvaise pièce : l'action ne commence qu'au troisième acte, mais couleur générale bien différente de celle des pièces françaises. Je vois pour la première fois beaucoup pleurer autour de moi. J'ai à ma gauche un homme qui a une physionomie profonde de sentiment, environ trente-six ans ; il est un peu sourd. Voilà la physionomie que Saint-Preux devait avoir à cet âge. Me le représenter sous cette figure.
Suivie des Héritiers, de Duval *, pièce où l'on rit beaucoup, mais qui n'est pas profonde. Dugazon et Michot y sont déhcieux, surtout Dugazon, par son propre naturel qui ne consiste pas en deux ou trois tons, comme celui de Michot.
Je laisse passer sans les décrire bien des moments agréables. La deuxième leçon de D[ugazon], charmante par l'arrivée de ...*, menée par le général Lestrange, et de M^^^ Rolandeau *, à qui j'ai laissé faire la reconnaissance toute seule. Pacé ne vient pas.
Mais le plus grand bonheur que m'ait donné la société en masse, c'est celui qu'a produit ma troisième séance chez D[ugazon]. N... *, M^^^ Rolandeau et Pacé sont venus ; j'y suis arrivé à onze heures et demie et sorti à deux heures passées, quitté Pacé à trois, rue Saint-Honoré, à la porte de Mme Anet, je crois, après avoir couru pour un pâté <le foie gras (quatre louis).
Chez D[ugazon], j'ai servi de répétiteur à M^*^ Rolandeau pour le rôle de Lucrèce dans la Jeune Prude *. Le talent que D[ugazon] met à la faire répéter m'enchante : il saisit à merveille le mélange d'amour pour Lindor et de sévérité jouée ou pruderie qui fait le caractère de Lucrèce. En étant en scène à côté de M^^^ R[olandeau] et tantôt me jetant à ses genoux, tantôt lui prenant la main, je vois mille sentiments se peindre sur sa figure et agiter mon âme de manière à la faire répondre le mieux possible, c'est-à-dire en montrant qu'elle les sent.
Je suis bien loin de l'usage et surtout de la facilité de Pacé, mais il me semble que j'aurai ce goût «xquis que donne une âme très sensible. Il me semble que Pacé ne sent pas toutes ces petites choses, car il en parlerait quelquefois, et je suis sûr que Locke ne les sent pas. Ce sentiment exquis engendre chez moi la timidité, et le manque de ce sentiment fait peut-être l'assurance de Locke ^.
1. Ces sentiments gracieux sont décrits sans grâce, parce que je n'ai pas assez travaillé la description pour en chasser
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Cet intervalle de midi à cinq heures fut charmant pour moi. C'est, ce me semble, le plus grand bonheur que m'ait jamais donné la société en corps. J'étais au comble du contentement.
Une grande conversation que j'eus avec Pacé en sortant de chez D[ugazon] n'y avait pas peu contribué.
Le soir, je vais aux Français, et pour la première fois ailleurs qu'au parterre. Je me place le plus près possible des acteurs, ensuite je cours les loges pour chercher V[ictorine], mais en vain. Je reviens à l'orchestre, où je vois, d'à côté de Martial etdeN...^ amant de M^^^ Volnais, les Deux Pages, seconde pièce, que ces messieurs jugent comme moi détestable, mais bien jouée. Je suis étonné de la beauté de Mi^6 Contât, de l'étonnante finesse de son nez, exprimée par cette longue ligne A*, de la beauté grecque de ses yeux. J'admire l'étonnante physionomie de Fleury et ses grands yeux. Je ne les avais jamais vus de si près ; ils parlent beaucoup plus haut qu'on ne parle dans le monde.
Fleury manque d'organe, M^^^ Contât est détestable dans le Préjugé à la Mode, pièce que je me rappelais bien être de La Chaussée d'après ces pri-
toute apparence d'amour-propre, de vanité, ce qui prouve l)ien que la grâce est une jouissance donnée par la vanité. Le gracieux est ce qui donne cette jouissance. Le naturel^ en décrivant des jouissances de cette espèce, doit toujours sembler vaniteux.
mitives lectures, à Claix, dans le cabinet de mon père, che mi hanno decidato per Varte dramatica. Nous trouvons nous trois ces deux pièces, surtout la première, très ennuyeuses, détestables, bien plus mauvaises que beaucoup qui sont tombées. Gagnon se croit obligé de les admirer, parce qu'il ne juge pas entièrement d'après lui et veut faire le ... * Je chante en moi-même sur l'air : Ha ! pietade troveremo, « Ah ! nous trouverons des juges », l'entendant de moi, et de Voltaire, et des autres dramatiques. Je pense à deux mille ans en avant, l'an 3805 \