‹ Journal; (volume 2)Chapitre 11 sur 17 · lOimiNAL I)K DAINGKAI · texte numérisé non relu

lOimiNAL I)K DAINGKAI

et puis revint ici se promener jusque la nuit. — Les années de Flandre sont dans la même situation on elles étoient le î). Nos généraux font quelques retranchements au village de Tourine, qui est dans notre centre et qui commande la plaine qui est entre nous et les ennemis. — M. de Villars a demandé au roi avec de si grandes instances que la maréchale sa femme pût passer en Allemagne et le joindre que S. M. y a enfin consenti ; elle s'en ira à Tlm, mais on ne croit pas qu'on lui permette d'aller à Munich. — LouviUe etOrry * sont arrivés de Madrid et ne sont pas fort contents du gouvernement de ce pays-là, où les affaires vont très-lentement. Le duc d'Alhe en doit partir le 21 de ce mois pour venir ici. On va recommencer le procès contre lamirante ; ses espions, qu'on a pris à Ciidix, ont fait de fâcheuses dépositions contre lui. — M. le duc d'Orléans a donné une pension de 1,000 écus à M. de Lanchal, qui est grand maréchal de logis de sa maison.

* Louville étoit celui de tous ceux qui étoient à Madrid à qui madame des Ursins faisoit le plus de caresses et ;i l'expulsion duquel elle travailloit avec le plus de soin, parcequ'il avoit la plus graude part dans l'habitude et dans la conUance du roi d'Espagne et dans celle du duc de Beauvilliers et de Torcy, et qui avoit le plus d'esprit pour la cour et de vues et de c^ipacite pour les affaires. Sa liaison avec les cardinaux et avec l'abbé d'F.strées , et avec tous ceux qui avoicnt eu part au testament lui étoit encore insupportable. Orrv étoit un va nu-pieds qui avoit cte homnie d'affaires de la duchesse de Portsmouth depuis son dernier retour en Krance, et qu'elle avoit honteusement chasse pour friponnerie. D'ailleurs un drôle souple, hardi, entreprenant, avec de l'esprit et du génie. Vpres avoir frappé a bien des portes pour vivre, Cbaniillart l'envoya en Kspagne pour des affaires de connnerce et de finances. Il y crût peu à peu eu s'y dévouant sans réserve a madame des l'rsins, qu'il lit après plus d'une fois compter avec lui. On le verra en principale ligure , puis en grand danger. Il est père de celui qui porte maintenant ici 11' non) de coiitrùlciir général des finances (1) et qui a eu le bon sens de ne l'être (|iie malgré lui.

Samedi M\.a Tnanon. — Le roi linl conseil le matin à

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JUIN 1703. llô

son ordinaire et Taprès-dinée il alla se promener à Marly, d'où il ne revint qu'à huit heures, et puis il travailla chez madame de Maintenon avec M. de Chamillart. Le roi loge ici dans le nouvel appartement qu'il a fait faire où étoit la salle des comédies, mais il tient le conseil dans son ancien appartement. — Il arriva deux courriers de iM. de Vendôme, l'un parti du 9 et l'autre du 10, et qui sont arrivés à une heure l'un de l'autre; le dernier avoit eu ordre de M. de Vendôme de faire une extrême diligence, parce qu'il s'agit de recevoir des ordres très-importants. M. de Vendôme a été oblige de quitter l'entreprise d'Ostiglia, parce que les ennemis, se voyant sans espérance de se pouvoir défendre dans ce poste, ont eu recours aux remèdes extrêmes , qui a été de couper les digues auprès de Ponte-Molino et d'inonder le pays. M. de Vendôme étoit revenu avec toute son armée le iO à Zelo; il avoit envoyé le baron Palavicin pour se saisir du bastion de Saint-Michel, qui est un poste important et où les ennemis travailloient encore à couper de nouvelles digues , ce qu'il a empêché, et il y a été blessé assez considéralîlement. C'est un Piémontois fort attaché à M. de Savoie et à qui M. de Vendôme s'est assez confié pour lui faire faire la charge de maréchal des logis de l'armée. On dit que c'est un officier très-brave et très-entendu.

Dimanche 17, à Trianon. — Le roi, outre le conseil qu'il avoit tenu le matin à son ordinaire , travailla toute l'après-dinée avec M. de Chamillart et puis alla faire un tour dans ses jardins. Monseigneur alla l'après-dinée se promener àMeudon. Madame de Maintenon eut un accès de fièvre assez violent ; elle en a de temps en temps, mais celui-ci a été plus fort que les autres. — Il arriva un courrier de M. le maréchal d'Estrées. Les vaisseaux anglois qui étoient devant Belle-Isle et à la côte de Bretagne se sont retirés. On croit qu'ils sont rentrés dans la Manche, voyant qu'ils nepouvoient faire aucune entreprise de ce côté-là. — On a des lettres de 1 firméede monseigneur le

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duc de Iîouri;of;ne, qui dccanipoit de Ila^ueuau pour aller vers Kandel. Toutes les lettres portent (|ue ce prince est tadoré dans l'armée, et il parolt ({u'il est content au dernier point du maréchal de Tallard. Son armée se l'ortilie tous les jours. Le prince Louis de Bade a laissé les troupes hoUandoises dans les retranchements de Stolhofen et est à Rastadt ;sa cavalerie est séparée en différcnfs petits corps entre la hauteur du fort Louis et Philipsliouri;. On ne croit pas qu'il ait fait de détachements considéraljles pour joindre le comte de Stirum. Il a refusé un passe-port pour la maréchale de Villars, qui vouloit allerjoindre son mari sur le Danube, et a renVoyé la lettre que ce maréchal lui avoit écrite toute ouverte et sans lui faire réponse.

Lundi 18, à Trianon. — Le roi alla l'après-dinée se promener à Marly ; il en revint de bonne heure et se promena ici jusqu'à la nuit. — Il est arrivé un courrier de M. de CoëtlQpon, parti de Toulon le 10 de ce mois. Il mande au roi le détail du combat qu'il donna le 22 du mois passé auprès de la rivière de Lisbonne. Les cinq vaisseaux de çuerre hollandois contre qui il combattoit ont tous été pris, mais le commandant étoit si maltraité qu'on ne l'a pu sauver; on a été obligé de le brûler. Les ennemis se sont fort bien défendus en cette occasion ; mais sans le gros temps qu'il faisoit ces vaisseaux auroient été plus tôt pris, et nous aurions encore eu le temsde prendre une partie de la flotte, qui étoit de plus de cent voiles. Outre le comte de Walsteiu. ambassadeur de rcuqiereur, qui a été pris sur ces vaisseaux, il y avoit un envoyé de M. ih; Mayence ; ils s'en retournoient tous deux en .\ll(Mlla,^n(^ Nous n'avons perdu dans cette occasion qu'une (juiuzaine d'hommes tués dans les cinq vaisseaux; mais parmi ces (piinze hommes il y en a un qu'on regrette fort, qui est Vaurouy, capitaine en second sur le vaisseau de M. de CocMlogon. M. de Mous, commandant r Holc, un de noscincj vaisseaux, a été blessé à la jambe. Le Hollandois qui com-

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