IULU NAL DE DAJNGLAl
le duc de Gramont quand il demandoit ; il a demandé et n'est point venu. 11 n'y a d'hommes ici que le service et les maris des femmes qui y sont.
Vendredi 29, à Marly. — Le roi travailla le matin avec son confesseur, et l'après-dinée il alla courre le cerf; madame la duchesse de Bourgogne étoit avec lui dans sa calèche. Monseigneur et messeigneurs ses enfants étoient à la chasse, qui fut très-belle. — On n'a point encore de courrier d'Espagne qui confirme la nouvelle venue par la lettre du marquis deMirabel. et on se flatte que l'affaire n'est pas si malheureuse qu'il l'a mandée, quoiqu'on ne puisse quasi pas douter que le roi d'Espagne n'ait perdu la bataille. — Le roi a donné le régiment de cavalerie qu'avoit le marquis de Bellefonds à M. de Montauban, homme de condition et de beaucoup de réputation sur le courage. Il étoit dans les carabiniers; c'est M. du Maine qui a demandé ce régiment pour lui. Le roi avoit donné à Lourda, ancien ofiicier, l'agrément pour acheter le régiment de Chàteaumorand, maréchal de camp de la dernière promotion. Lourda n'a pas pu trouver de quoi payer ce régiment. Le roi le donne au comte de Roye, qui en a un nouveau , et le fils du comte de Gramont, qui commande en Franche-Comté, a l'agi-ément pour acheter celui du comte de Pioye. Ainsi ce sera lui qui payera les 22,500 livres à M. de Chàteaumorand.
Samedi 30, à Marhj. — Le roi ne tient point le conseil (le finances ici les samedis. 11 travailla l'après-dinée avec M. Voisin, puis alla tirer. Monseigneur courut le loup dans la forêt de Saint-Germain. Madame la duchesse de Bourgogne et madame la duchesse de Berry étoient à cheval à la chasse. — Un courrier que M. de Torcy avoit envoyé en Espagne il y a quelque temps, par lequel il mandoit au roi d'Espagne que le roi destinoit l'abbé de Polignac à y aller amjjassadeur. est arrivé. La cour d'Espagne donne de grandes louanges à M. l'abbé de Polignac , mais ils souhaitent qu'on y renvoie pour ambassadeur M. Ame-
SEl^TEiMBRK iïU». m>
lot. Ce courrier n'est parti de Madrid que le 2i2 au matin^ et l'on n'y pouvoit rien savoir de la bataille du 20. — Ou a des nouvelles sûres d'Angleterre qu'on a ôté à milord Godolphin la charge de grand trésorier; son iils a épousé une fille de Marlborough. On â la confirmation que la reine a ôté à madame de Marlborough la charge de dame d'honneur, et on ne doute plus que ce parlement -ci ne soit cassé.
Dimanche 31 , à Marly. — Le roi tint le conseil d'État, et travailla l'après-dinée 'avec M. Pelletier et puis alla tirer. Monseigneur le duc de Bourgogne alla à Versailles, où il entendit vêpres et le S9,lut. Madame la duchesse de Bourgogne, qui étoit allée à Versailles avec lui, descendit à ses écuries, qu'elle visita toutes pendant qu'on raettoit des chevaux à ses carrosses, et puis s'en alla à Chaillot voir la reine d'Angleterre. Elle entendit le salut avec elle et ensuite remonta en carrosse avec la princesse d'Angleterre. Elles allèrent se promener au cours, et après la promenade madame la duchesse de Bourgog-ne ramena la princesse d'Angleterre à la reine sa mère à Chaillot. Madame la duchesse de Bourgogne revint ici pour le souper du roi ; elle avoit fait venir des relais à Saint-Cloud. — Madame de Laval mourut le matin à Paris. Il y avoit déjà quelques jours qu'elle avoit perdu connoissance (1). — On eut nouvelle que Béthune capituloitle 28 au soir.
Lundi V septembre , à Mur h/. — Le roi courut le cerf l'après-dinée ; madame la duchesse de Bourgogne étoit dans sa calèche ; Monseigneur et messeigneurs ses enfants étoient à la chasse. Le roi travailla le soir avec M. de Pontchartrain. — On jpande de Flandre que les ennemis
(1) « Madame de Laval est morte , laissant M. l'évêque de Metz un oiplieliii de deux cent mille francs do rente, y compris l'hôtel de .tars. Kile avoit «matre-vingf-treize ans, et on l'a enterrée avec grande pompe aux Ursiilines du lauhoiirg Saint-Jacques, (iiioiqu'elle élit ordonné qu'on n'y lîf point de cérmonie. •> {Lettre (U ta marquise iVHuxelles , du 3 septembre. )
23« JOURINAL DE DANGEAU.
ont accordé à la garnison de Béthune la capitulation la plus honorable et que la garnison en devoit sortir hier, qui étoit le dernier du mois, pour être conduite à Saint- Omer. On parle toujours d'un grand détachement que le prince Eugène fait des troupes allemandes qui sont dans l'armée de Flandre, et l'on prétend que l'empereur a deux raisons pour demander ce détachement, l'une parce qu'on assure que le prince Ragotzki a entièrement défait le général Heister, l'autre parce que le roi de Suède est près de rentrer en Pologne avec quarante mille Turcs ouTartares. Toutes les nouvelles portent qu'il doit être parti de Bender le 28 juillet et que le Grand Seigneur avoit fait arborer la queue de cheval. — Le roi a envoyé ordre au duc de Noailles d'aller à Bayonne pour y conférer avec M. de Vendôme quand il y passera, et le maréchal de Montrevel a ordre d'envoyer quelques bataillons à Pampelune.
Mardi 2, à Marly. — Le roi tint le conseil de finances, et laprès-dinée il travailla longtemps avec M. Voisin et iM. Desmaretz. — Il arriva un courrier de Madrid par lequel on apprit que le roi d'Espagne y étoit revenu et y a été très-bien reçu des grands et du peuple malgré la perte de la bataille. La déroute n'a pas été si grande que l'avoit mandé le marquis de Mirabel. On assure même que les ennemis y avoient perdu presque autant de monde que les Espagnols. Le marquis de Bay, qui commandoit l'armée d'Espagne, s'étoit retiré à Tudela, où il avoit déjà rassemblé huit ou dix mille hommes, et il a prié le roi son maître de ne point faire revenir les troupes d'Estramadure. Le roi d'Espagne avoit été incommodé quelques jours avant la bataille et n'y étoit point. Il n'est que trop vrai que la Ijataille est perdue; mais les troupes flamandes n'ont point jeté les armes, et il paroit qu'on n'est point découragé à Madrid.
Mercredi 3, à Marly . — Le roi , le matin , après son lever, lit entrer dans son cabinet le duc d'Albe. qui étoit venu ici
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dès le matin ; M. de Torcy étoit avec lui. Au sortir de la messe le roi tint conseil d'État à son ordinaire. L'aprèsdinée il alla tirer. — Un neveu de M. du Puy-Vauban arriva hier ici. Son oncle l'a envoyé pour apporter la capitulation de Béthune, qui est telle qu'on l'avoit dit, et pour rendre compte de tout ce qui s'est passé durant le siège. Il est colonel et avoit son régiment dans la place. Le roi est fort content du gouverneur et de la garnison. — Il est arrivé en Bretagne un vaisseau venant de la mer du Sud très-richement chargé ; on compte qu'il apporte plus de deux millions de piastres. Ceux qui ont le principal intérêt à ce vaisseau sont Lépine-Danican et Deslandes-Mangon. Un officier qui étoit dans le vaisseau en apporta hier ici la nouvelle. — Le roi envoie du Pont pour commander dans la citadelle de Pampelune, où il a déjà commandé et dont le roi ne l'avoit retiré que quand il fit revenir tous les François d'Espagne, et le roi en le retirant de là l'envoya commandera Landrecies.
Jeudi 4, à Marly. — Le roi courut le cerf l'après-dînée ; madame la duchesse de Bourgogne et madame la duchesse de Berry étoient à cheval. Monseigneur et messeigneurs ses enfants étoient à la chasse, comme ils y sont presque toujours. — Hier, au sortir du conseil, le roi dit à M. de Torcy, qui lui avoit demandé le gouvernement de Crécy pour le chevalier de Croissy, son frère, qu'il lui donnoit ce gouvernement pour lui-même s'il le vouloit. M. de Torcy pria le roi que ce fût pour son frère, ce que le roi accorda. Ce gouvernement vaut G ou 7,000 livres de rente ; il est fort proche de Paris, et la terre de Croissy est dans l'étendue de ce petit gouvernement. Il étoit vacant depuis la mort du cardinal de Coislin, et M. de Torcy ne l'avoit demandé au roi que depuisla mort du dernier duc de Coislin, parce que ce gouvernement avoit été longtemps dans leur famille. Le chancelier Séguier, bisaïeul du dernier duc de Coislin, l'avoit eu; après sa mort il fut donné au duc de Coisli n, son petit-ûls. Quand ce duc de Coislin mourut, le
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onrdinal son frère le delTianda pour If duc deCoislin, son neveu; mais comme le roi n'en étôitpas content, il le donna au cardinal.
Vendredi 5, àMarly. — Le roi travailla le matin avec son confesseur et alla tirer l'après-dinée. Monseigneur et messeigneurs ses enfants allèrent tirer aussi et tuèrent, à eux quatre, deux cent cinquante faisans. On est toujours étonné de la quantité prodigieuse qu'on en trouve et dans le parc de Versailles et dans celui de Marly. — On eut nouvelles de Flandre que les ennemis ont marché et qu'ils campoient à Lillers. Cette marche les approche de Saint-Venant et d'Aire, et ils répandent le bruit dans leur armée qu'ils veulent faire ces deux sièges à la fois, ce qu'on ne croit pas ici qu'ils puissent faire. — Voici ce que M. de Berwick mande de Dauphiné, du camp du pont de Servière le 31 août :
« Le 28 de ce mois l'armée des ennemis, que commande le comte de Tliaun , vint camper à Saint-Sicaire ayant leur droite à Mouliers et leur gauche à Camlas. M. deRebender est à Oulx avec dix-huit bataillons, l'armée du roi à sa droite au camp du Roux et la gauche à Monestier. Les ennemis ne songent plus qu'à subsister et à se tenir en force près de nous pour nous empêcher d'envoyer ailleurs des détachements. »
Samedi 6, à Marly. — Le roi travailla l'après-dinée avec M. Voisin, et puis alla dans les hauts de Marly voir jouer au grand mail. 11 fit venir beaucoup de calèches pour madame la duchesse de Bourgogne et les dames qui l'avoient suivie. Monseigneur alla diner à Meudon et revint ici pour le souper du roi. Monseigneur le duc de Berry' alla tirer dans la plaine de Saint-Denis. — Le marquis de Bay a écrit une lettre à M. Voisin, datée du 2i de Tudela qui est à douze lieues de Saragosse et à vingt lieues de Pampelune. Il envoie en même temps une relation de la bataille qui n'est guère différente de ce qu'avoit mandé d'abord le marquis de Mirabel. Il se
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plaint fort de toute l'infanteiie. qui n jeté les armes sans combattre. Il écrit qu'en arrivant à l'armée il l'avoit trouvée en si grand désordre et si épouvantée que, quand il n'auroit point été obligé de combattre, l'infanterie l'auroit abandonné de môme. Il ne se plaint point de la cavalerie et rassemble tout ce qu'il peut ùTudela. Les ennemis n'avoient pas marché depuis la bataille, et on prétend que le poste de Tudela est fort l)on, pourvu qu'il y ait des vivres.
Dimanche 7, à Marhj. — Le roi tint le conseil d'Etat et travailla avec xM. Pelletier l'après-dinée. M. Voisin entra chez le roi ensuite et y mena M. de Monteil, mestre de camp de cavalerie et qui fait la charge de maréchal des logis de l'armée de M. de Noailles. Il étoit venu à Rayonne avec M. de Noailles, qui, de concert avec M. de Vendôme, l'a envoyé ici pour recevoir les ordres du roi. Dès qu'il fut dans le cabinet du roi avec M. Voisin , on envoya chercher M. de Torcy ; ils furent assez longtemps enfermés, et puis M. de Torcy sortit et le mestre de camp quelque temps après. M. Voisin demeura un quart d'heure seul avec le roi, et ensuite S. M. alla faire un tour de promenade. Ce mestre de camp nous dit en sortant d'avec le roi que M. de Vendôme attendoit à Bayonne le retour d'un courrier qu'il avoit envoyé à Madrid ; que l'on n'étoit pas trop effrayé sur la frontière d'Espagne de la perte delà bataille ; qu'on accusoit M. de Bay de l'avoir donnée imprudemment ; queles ennemis y avoient perdu assez de monde et qu'on n' avoit point de nouvelles qu'ils eussent fait aucun mouvement depuis ce jour.
Lundi 8, jour de la Noire-Dame , àMarbj. — Le roi alla à cinq heures au salut à la paroisse; madame la duchesse d«^ Bourgogne y alla entendre vêpres. — Il arriva un courrier de M. de Villars, qui mande que du \ ;ni soir les ennemis ont investi Aire et Saint-Venant et qu'ils veulent faire ces deux sièges tout à la fois; qu'ils destinent quarante bataillons à faire celui d'Aire et vingt ba-
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taillons pour l'aire celui de Saint-Venant et que leur armée d'observation couvrira ces deux sièges. L'entreprise ici paroit grande, et on est persuadé qu'Aire durera deux mois pour le moins et que le siège de Saint-Venant sera plus difficile qu'ils ne pensent. — M. du Puy-Vauban arriva ici le soir. Le roi l'a très-bien reçu et lui a fait donner une chambre ici. — Madame a reçu une lettre de madame d'Hanovre, sa tante, qui lui mande que le roi de Suède est entré en Pologne avec cinquante mille Turcs ou Tartares, qui y font de grands désordres et même qui y brûlent beaucoup. Le roi jusqu'ici n'en a point eu d'autres avis.
Il y a vingt-deux ans que je fus taillé à pareil jour (1) .
Mardi 9, à Marly. — Le roi tint le conseil de finances et travailla ensuite longtemps avec xM. Desmaretz. L'aprèsdlnèe il courut le cerf ; madame la duchesse de Bourgogne ètoit avec lui dans sa calèche. Monseigneur et messeigneurs ses enfants étoient à la chasse. Le soir le roi travailla avec M. Voisin et M. Desmaretz, comme il fait tous les mardis depuis quelque temps. — On mande d'Allemagne queM. d'Osnabruck, frère de M. de Lorraine, va incessamment être reçu coadjuteur de Trêves. — Madame la duchesse de Mantoue est très-dangereusement malade. Ses médecins lui annoncèrent le matin le danger où elle étoit, et elle fut confessée le soir. — Miran, enseigne dans la gendarmerie, est mort du pourpre dans notre armée de Flandre. Beaucoup de jeunes gens de condition et même de vieux officiers demandent cette charge, dont le roi n'a point encore disposé. — Le roi a fait repartir le chevalier de Monteil ; il retrouvera encore à Bayonne M. de Vendôme et le duc de Noailles.
Mercredi 10, à Marly. — Le roi prit médecine et l'après-dinée il tint le conseil d'État. Durant tout ce
(1) Voir tome II, pajit' KiO,
voyage-ci, Monseigneur n'a joué qu'au papillon ; madame la duchesse de Bourgogne jouoit quelquefois avec lui et tous. les jours elle a joué au lansquenet l'aprrs-dînée, et le soir en sortant du cabinet du roi , après souper, elle jouoit de petits momons pour amuser des dames.
— Mon fils vint ici. Sa plaie est entièrement fermée.
— On commence à vendre les charges de la maison de monseigneur le duc de Berry et de madame la duchesse de Berry, Menon, qui est dans les affaires, a acheté la charge de surintendant de la maison de ce prince. Il en donne 500^000 francs, et le prix des autres charges est fixé. — M. le comte de Toulouse a reçu une lettre d'un officier de la marine qui estàDantzick, qui lui mande qu'on y a eu nouvelle que le roi de Suède étoit parti de Bender avec un plus grand nombre de troupes que madame d'Hanovre ne l'avoit mandé à Madame, mais que cette nouvelle avoit besoin de confirmation.
Jeudi 11, à Marly. — Le roi se promena tout le malin dans ses jardins et alla tirer l'après-dînée. Monseigneur alla se promener au Val avec madame la Duchesse, qui y mena quelques dames de Marly et qui en fit venir quelques autres de Paris. M. d'Antin y donna une grande et magnifique collation. — 11 arriva un courrier du maréchal de Villars qui a couché deux nuits à Hesdin. On dit qu'il va faire marcher son armée et qu'il a reconnu un camp sur la petite rivière du Ternois; qu'il mettra sa droite à Saint-Paul et sa gauche à Blangy. 11 mande que les ennemis continuent à vouloir faire le siège d'Aire et celui de Saint-Venant tout à la fois. — On mande de Londres que depuis la déposition de milord Godolphin les actions de la banque sont considérablement baissées. On a nommé pour exercer cette charge cinq commissaires, qui sont milord Pawlet, Harley, ci-devant orateur de la chambre des communes et secrétaire d'État, Paget, fils de celui qui étoit ambassadeur à Vienne , Benson, beau-frère du comte Darmouth, secrétaire d'État, et le T. xrii. IG
chevalier Manser, qui a été contrôleur de la maison de la reine Anne.
Vendredi 12, à Marly. — Le roi, après son dîner, alla courre le cerf. Monseigneur et messeig-neurs ses enfants étoient à la chasse ; madame la duchesse de Bourgogne et madame la duchesse de Berry y étoient à cheval. Le roi n'en revint qu'à la nuit fermée, et le cerf ne fut pris qu'une demi-heure après, — Le maréchal de Villars a la permission de s'en aller aux eaux, et on ne doute pas que ce ne soit le maréchal d'Harcourt qu'on envoie en sa place, malgré sa mauvaise santé. — M. de Vendôme devoit partir de Bayonne le 9. Il va droit à Madrid, où le roi d'Espagne lui a mandé qu'il l'attendoit avec impatience; cependant on ne croit pas que M. de Vendôme y puisse arriver avant le 20. Il ne pourra pas faire diligence parce qu'il a eu quelques accès de fièvre quarte. Le roi d'Espagne l'assure dans sa lettre qu'il le mettra bientôt à la tête d'une armée aussi forte du moins que celle de M. de Staremberg. Le corps que M. de Bay a rassemblé à Tudela se fortifie tous les jours, et il lui vient d'Andalousie deux mille hommes de pied et mille chevaux, outre mille chevaux qu'on fait venir encore d'Estramadure. C'est le marquis de Richebourg qui commande l'armée d'Espagne en ce pays-là depuis que le marquis de Bay en est parti . Samedi 13, à Versailles. — Le roi travailla l'aprèsdinée à Marly avec M. Voisin. Il s'y promena dans les jardins jusqu'à six heures et puis revint ici, où l'on demeurera jusqu'à la fin du mois. Monseigneur partit de Marly à neuf heures et alla diner à Meudon, d'où il ne reviendra que samedi. Madame la duchesse de Bourgogne joua dans le salon de Marly jusqu'à cinq heures et puis revint ici. — Il est public présentement que M. le maréchal d'Harcourt ■ va commander l'armée de Flandre; il y a déjà quelques jours qu'il le sait. Il partira samedi et ne compte d'arriver que le 23, parce qu'il marchera lentement à cause de ses incommodités. — Le roi a donné à
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M. de Lanoue-Langeais, ancien capitaine de cavalerie, le guidon vacant dans la gendarmerie, et lui permet de vendre sa compagnie. — On n'a point de confirmation de l'entrée du roi de Suède en Pologne, et l'on a des lettres qu'il étoit encore sûrement à Bender le 10 de juillet; mais on mandoit en même temps qu'il étoit près de se mettre en marche. On ne sait point s'il viendra par la Pologne ou par la Hongrie.
Dimanche 14, à Versailles. — Le roi tint le conseil d'État, travailla l'après-dinée avec M. Pelletier et puis alla se promener dans les jardins. Monseigneur qui est à Meudon se fit saigner par pure précaution. Madame la duchesse de Bourgogne, après avoir entendu le salut , vouloit aller se promener dans les jardins; mais elle se trouva un peu fatiguée. Elle ne sortit que pour aller chez madame deMaintenon. — On n'apoint encore de nouvelle que la tranchée soit ouverte à Aire et à Saint-Venant. Les ennemis travaillent à saigner l'inondation de cette dernière place. — Toutes les nouvelles d'Angleterre et de Hollande portent que tous les tories veulent faire faire le procès à Marlborough et qu'on y travaillera dès que le nouveau parlement sera assemblé ; celui-ci, qui étoit favorable à ce milord, doit être cassé le 15 de ce mois. Milord Hivers, qui va offrir de la part de la reine Anne au duc d'Hanovre le commandement de l'armée, est arrivé à Amsterdam ; et milord Thowsend , qui est ambassadeur en Hollande et qu'on croit fort attaché à Marlborough, est rappelé.
Lundi 15, à Versailles. — Le roi tint le conseil de dépèches, travailla l'après-dinée avec M. de Pontchartrain et puis alla se promener à Trianon. Monseigneur le duc de Bourgogne, madame la duchesse de Bourgogne et monseigneur le duc de Berry allèrent tous trois séparément dîner avec Monseigneur à Meudon. Monseigneur le duc de Bourgogne, <jui avoit voulu demeurer jusqu'à la lin du conseil, n'arriva que longtemps après