‹ Journal; (volume 3)Chapitre 8 sur 20 · ET DE DRAGONS · texte numérisé non relu

ET DE DRAGONS

MM. Volvire ,

MM

Skelton ,

Bissy,

Montiers,

Saint-Sernin ,

La Billarderie,

Chevalier de Mommeins,

Chevalier de Velleron,

Bouzols,

Courcillon,

La Fare ,

D'Ancenis,

Bouvillc,

Pujol,

132 JOURNAÎ, DE DANGEAU.

Darifat, M Iran,

Trudaine, Coetenfao.

Lundi 31 , à Versailles. — Le roi fut saigné par précaution. Il alla à la messe à midi et demi avec toute la maison royale. Il ne sortit point de tout le jour et travailla chez lui l'après-dinée avec M. de Pontchartrain. .Monseigneur alla diner à Meudon, et il y demeurera jusqu'à la fin de la semaine. — Le roi envoie Albergotti commander à Douai, Goesbriant dans Aire, le comte de Villarsdans Ypres et le marquis de Vieuxpont dans Mauheuge. Ce sont les quatre places les plus menacées, et l'on croit que le dessein des ennemis est d'attaquer Douai dès le 15 du mois où nous allons entrer. Ils font de grands magasins et ont assemblé du sec pour faire subsister leur cavalerie durant un mois.

Mardi V avril, à Versailles. — Le roi tint le conseil de finances et travailla ensuite avec M. Desmaretz. L'aprèsdinée il alla se promener àTrianon, et le soir il travailla avec M. Voisin chez madame de Maintenon. — Monseigneur, qui est à Meudon, courut le loup. Monseigneur le duc de Berry y alla dès le matin, courut le loup et fit le retour de chasse avec lui. — On envoie pour commander au Quesnoyla BadiC;, ancien lieutenant général, que sa maladie empêcha de servir l'année passée et qui, les campagnes d'auparavant, avoit servi en Espagne. — Les ministres étrangers qui viennent toujours ici les mardis ont eu nouvelle que l'empereur étoit assez malade ; mais le roi n'a reçu aucunes lettres où on lui parle de cette maladie-là.

Mercredi 2, à Versailles. — Le roi prit médecine comme il la prend tous les mois; l'après-dinée il tint le conseil d'Etat, qu'il auroit tenu le matin sans sa médecine. Monseigneur vint de Meudon pour le conseil; il y retourna après le conseil. — On fait revenir quelques bataillons deHonssillon, qui marchent en Dauphiné. On en fait revenir neuf de plu^ de Dau})liiné . (]ui serviront dans

AVmi, 1710. 133

l'armée d'Allemagne, et vingt-cinq bataillons de ceux (|ui doivent servir en Allemagne viennent en Flandre. — M, d'Hanovre a refusé de commander l'armée ennemie en Allemagne cette année.

Jeudi 3, à Versailles. — Le roi dina de bonne heure et alla courre le cerf à Marly. Madame la duchesse de Bourgogne alla dîner avec Monseigneur à Meudon, où elle mena beaucoup de dames. Monseigneur les mena l'aprèsdinéeàropéraàParis.x\près Topera Monseigneur retourna à Meudon, et madame la duchesse de Bourgogne avec les dames revinrent ici. — M. de Thouy, lieutenant général qui servoit en Dauphiné l'année passée^ a eu permission du roi, il y a déjà quelque temps, d'aller servir en Espagne, mais on lui avoit ordonné de n'en point parler ; on lui permet présentement de le dire.

Vendredi V, à Versailles. — Le roi travailla le matin avec le P. le Tellier. L'après-dînée il entendit le sermon et puis alla se promènera Trianon. — On eut la confirmation du combat que le prince Ragotzki a gagné contre les Impériaux. Ce prince avoit avec lui des troupes polonoises commandées par le palatin de Kiovie, qui est toujours fort attaché au roi de Suède, et ce sont ces troupeslà qui ont eu plus de part au gain de ce combat. — On ne croit plus que madame la princesse des Ursins revienne d'Espagne. On prétend même qu'on lui a envoyé des ordres d'ici de demeurer à Madrid. — M. de Dreux, maréchal de camp, et Brendlé, colonel suisse et maréchal de camp aussi, vont servir dans Douai sous M. d'Albergotti .

Samedi 5, à Versailles. — Le roi tint le conseil de iinances et travailla ensuite avec M. Desmaretz. L'aprèsdinée il alla à Marly et au retour il travailla avec M. Voisin chez madame de Maintenon. — Le roi envoie M. le maréchal de Bezons commander à Metz et y commandera quelques troupes qu'on assemble sur la Sarre. On croit même qu'on pourroit bien l'envoyer commander l'cirmée

13 < JOURNAL DK DANGEAU.

d'Alsace , la santé de M. le maréchal d'Harcourt n'élant pas bien rétablie. Il faudra même qu'il retourne aux eaux de Bourbonne dans le mois de mai, et en attendant il demeurera au Palier^ qui n'en est qu'à six lieues et qui est un beau château à M. de Tavannes.

Dimanche 6, à Versailles. — Le roi tint le conseil d'État, etl'après-dinée, après avoir entendu le sermon , il alla tirer. Madame la duchesse de Bourgogne descendit en bas à la chapelle pour la première fois depuis ses couches. Madame la Duchesse reçut les compliments sur la mort de M. le Duc. Elle étoit sur son lit et en chaperon*, qui est un habillement des princesses du sang- quand elles reçoivent en cérémonie les compliments sur la mort de leurs maris. Toutes les dames qui y allèrent étoient en mantes et les hommes en grand manteau. — M. le marquis de Listenois, qui vient d'être fait maréchal de camp, va servir dans Aire en cette qualité, sous M. de Goësbriant.

* Cet habillement ue fut jamais un chaperon, qui est d'étoffe et qu'on neconnoît plus qu'aux cérémonies funèbres, par-dessus lequel on porte un bonnet carré pareil à ceux des prêtres et des magistrats ; c'est un domino de prêtre, dont le coqueluchon est mou et plat, mais un domino qui va jusqu'aux pieds en forme de robe qui a des manches fort larges, le corps étroit, et une queue longue qui finit en pointe. C'est uu habit de bien plus grand deuil que le long manteau , et qui n'est porté que par ceux qui servent plus particulièrement à la cérémonie. Ceux qui sont chevaliers du Saint-Esprit portent toujours le collier sur cet habit, mais serré autour du cou , et point autour des épaules , et point de croix brodée sur cet habit, avec lequel il n'y a ni cravate, ni rabat, ui manchette , ni quoi que ce soit que noir ; il n'est que pour les hommes. A l'égard du couvre-chef, c'est une coiffure de toile d'Hollande singulière, qui est basse , qui enveloppe la tête et les épaules , et qui est plus ample et surtout plus longue par degrés de rang comme les queues, c'est-à-dire à proportion de la longueur des queues ; ce n'est pas plus uu habillement des princesses du sang que la queue lorsqu'on en porte de mesurée. La reine et les duchesses en ont, et tout l'entredeux et des couvre-chefs pareillement , avec ces proportions gardées de longueur par rang et différentes. La reine a onze aunes de queue, les filles de France neuf, les petites-filles de France sept , les princesses du

sang cinq, les duchesses h'ois ; telle est la règle. Les couM-e-chefs sans comparaison plus courts, mais dans la même proportion dans ces divers degrés. Il est à remarquer que l'invention du rang des petites-filles de France pour Mademoiselle, fille de Gaston, a crû la reine de deux pieds et la fille de France de même. Les mantes et les manteaux dont il y avoit des piles à la porte de madame la Duchesse pour ceux qui y entroient se passèrent avec la même indécence affectée que ce qu'on a vu sur ceux de la mort de M. le Prince.

Lundi 1 , à Versailles. — Le roi dîna de bonne heure et alla se promener à Marly. Monseigneur et monseigneur le duc de Berry coururent le loup. Monseigneur le duc de Bourgogne et madame la duchesse de Bourgogne allèrent diner à la Ménagerie, où monseigneur le duc de Berry les vint trouver après la chasse. Le roi travailla le soir chez madame de Maintenon avec M. de Pontchartrain. — M. le maréchal de Villars fut reçu duc et pair au parlement*. — Le comte de Tonnerre, qui a fait la dernière campagne mousquetaire, a Fagrément du roi pour acheter le régiment d'Anjou-infanterie, dont M. de Maulevrier-Langeron , qui vient d'être fait maréchal de camp, étoit colonel.

* Il y avoit une contestation de rang entre les ducs de Saint-Simon et de la Rochefoucauld, et qui étoit encore indécise : M. de la Rochefoucauld, premier érigé et premier enregistré duc et pair par les mêmes lettres d'érection, prétendoit précéder. M. de Saint-Simon, premier reçu au serment et à la séance et fonctions de pair, prétendoit aussi précéder, tous deux étant ceux en faveur de qui les deux érections avoient été faites. M. d'Harcourt avoit été fait pair à l'occasion du maréchal de Villàrs; celui-ci, hors d'état de se faire recevoir par l'état de sa hlcssure, craignit d'être gagné de la main par le maréchal d'Harcourt et de tomber dans le cas de M. de la Rochefoucauld ; il demanda donc au roi de défendre à M. d'Harcourt de se faire recevoir avant lui, et il l'obtint au grand regret de l'autre , qui avoit eu dessein, en effet, de se faire recevoir avant lui.

Mardi 8, à Versailles. — Le roi tint le conseil d'État et puis travailla avec M. Desmarelz. L'après-dlnée il alla à Trianon et au retour il travailla avec M. Voisin chez madame de Maintenon. Les comédies ont fini ici

à la fin de l'autre semaine ; il n'y a pas même de spectacle à Paris qu'après la Quasimodo. — Le roi fera la revue des régiments des gardes francoises et suisses samedi, et puis il les fera marcher en Flandre. On retient à Paris quatorze compagnies des gardes francoises et quatre des suisses, comme l'année passée. — M. le maréchal de Villars compte toujours qu'il sera en état de faire la campagne.

Mercredi 9, à Versailles. — Le roi tint le conseil d'État ; l'après-dinée il alla au sermon et puis alla tirer. — Le soir M. de Torcy vint chez madame de Maintenon porter des lettres d'Espagne qui sont arrivées par un courrier. On a fait de grandes réjouissances à Madrid sur ce qu'on y croit que la paix est rompue. Madame des Ursinsyaeula rougeole, mais elle en est guérie. — M. l'évêque de Nîmes, qui étant l'abbé Fléchier avoit été aumônier ordinaire de madame la Dauphine et puis évêquc de Lavaur, est mort. Il avoit deux petites abbayes outre son évêché. Il étoit de l'Académie françoise et protecteur de celle de Nîmes. Il étoit fort honnête homme et fort éloquent , et a été fort regretté en Languedoc et étoit fort estimé ici.

Jeudi 10, à Versailles. — Le roi dnia de bonne heure et alla courre le cerf à Marly. La distribution des bénélices qui sedevoit faire à Pâques est remise à la Pentecôte. — Le maréchal de Bezons, au lieu d'aller à Metz, comme il en avoit eu d'abord l'ordre, va droit à Strasbourg. 11 prendra congé du roi la semaine qui vient et verra dans son chemin le maréchal d'Harcourt, qui depuis avoir pris les eaux est au Palier, château qui appartient à MJtf. de Tavannes, où il attendra le mois de mai pour retourner aux eaux, qui lui ont déjà fait du bien. Il commence même à monter à cheval et compte toujours qu'il pourra faire la campagne.

Vendredi II, à Versailles. — Le roi travailla le matin avec son confesseur ; l'après-dinée il entendit le sermon

et puis il alla tirer. M. de Torcy vint le soir chez madame de Maintenon dire au roi qu'il étoit arrivé un courrier du maréchal d'Huxelles et qu'on alloit déchiffrer les lettres. — M. le marquis du Châtelet, lieutenant général, servira cette année à la Rochelle sous le maréchal de Chamilly, comme l'année passée. Il y a deux lieutenants généraux qui servoient l'année passée qui ne serviront point cette année : ce sont MM. de Legall et Puiguyon.

Samedi 12, à Versailles. — Le roi tint le conseil de finances et travailla encore longtemps après avec M. Desmaretz. L'après-dinée il fit dans la cour du château la revue des régiments des gardes françoises et suisses, qui sont fort complets et dans le meilleur état du monde. Ils partiront pour Flandre le lendemain de Pâques. Le roi étoit dans une petite calèche dans la cour, sous les fenêtres de monseigneur le duc de Bourgogne, et Monseigneur étoit dans une autre calèche après celle du roi. Madame la duchesse de Bourgogne vit la revue du cabinet de madame de Maintenon, où elle étoit avec beaucoup de dames. Le roi et Monseigneur, après la revue, allèrent se promener à Trianon, et au retour de la promenade le roi travailla chez madame de Maintenon avec M. Voisin. — LeducdeGuiche, colonel des gardes, a beaucoup de peine à marcher et à se soutenir et sera obligé d'aller aux eaux, ainsi il ne pourra faire la campagne.

Dimanche 13, jour de Pâques-Fleuries, à Versailles. — Le roi et toute la maison royale assistèrent à toutes les dévotions de la journée, et le soir, chez madame de Maintenon, il travailla avec M. Pelletier. — M. de Druy, qui commande les troupes de France dans Luxembourg sous le comte d'Autel, gouverneur de la place pour le roi d'Espagne, a été dangereusement malade et a demandé au roi de pouvoir céder sa brigade des gardes du corps, dont il est lieutenant, à son fils, qui est exempt dans la même compagnie. Le roi le lui a permis. Soucy, qui étoit premier enseigne, monte à la heutenance, et le jeune Druy sera en-

seigne. C'étoit le tour de la cavalerie de remplir cette charge-là , mais le roi a accordé à Druy cette grâce-là, d'autant plus qu'il se démet volontairement et pour son fils, qu'il y a longtemps qui est dans le corps, et le roi s'est expliqué en même temps que les deux premières charges vacantes dans ce corps seroient pour la cavalerie, afin qu'elle n'y perde rien.

Lundi 14, à Versailles. — Le roi tint le conseil d'État, qu'il auroit tenu hier sans la bonne fête; ce conseil fut fort long, et on croit qu'on y décida des choses considéral)les par rapport à la paix. Le roi alla tirer l'aprèsdinée et travailla le soir chez madame de Maintenon avec M. de Pontchartrain. Monseigneur le duc d'Anjou se trouva assez mal, et comme c'est un enfant fort délicat, on craint pour sa vie. — La distribution des bénéfices vacants, qui se devoit faire samedi prochain, qui est le jour que le roi fait ses dévotions, est remise à la Pentecôte. — On a fait repartir ce soir le courrier de nos plénipotentiaires qui étoit arrivé vendredi.

Mardi 15, à Versailles. — Le roi tint le conseil de finances, alla se promener l'après-dinée à Marly et travailla le soir chez madame de Maintenon avec M. Voisin. — Le marquis de Janson , sous-lieutenant des mousquetaires gris , et le marquis de la Luzerne , enseigne de la môme compagnie, sont obligés l'un et l'autre par leur mauvaise santé de quitter le service. Le roi a choisi pour remplir la sous-lieutenance le marquis de Ruffey, lieutenant général, qui donnera à M. Janson 35,000 francs. Janson avoit donné la même somme en entrant dans cette place, et le roi lui donne 2,000 écus de pension, parce qu'il étoit fort content de lui. 11 languit depuis longtemps, et on ne croit pas qu'il puisse vivre. Le roi a choisi Vignau, mestrede camp de cavalerie, pour l'autre charge. Il donnera aussi 35,000 francs à M. de la Luzerne, à qui le roi donne une pension de 4,000 francs. Il y avoit encore une troisième charge vacante dans cette com-

AVRIL 17iO. 139

pagnie, que le roi donne au plus ancien maréchal des logis, qui s'appelle

Mercredi IG, à Versailles. — Le roi tint le conseil de finances. L'après-dînée il entendit ténèbres avec toute la maison royale et puis alla se promener à Trianon. Le soir il travailla chez madame de Maintenon avec M. Voisin. — Le roi a mandé au maréchal de Villars, qui est chez lui à Vaux, qu'on appelle présentement Vaux-Villars, de venir ici lundi . — Toutes les troupes qui ont hiverné dans le royaume marchent pour se rendre en Flandre. Le roi, après son lever, retint dans son cabinet le maréchal de Boufflers et Davignon, major des gardes du corps, et leur donna l'ordre de faire partir les quatre compagnies le lundi de la Quasimodo pour aller droit en Flandre. Ils ne reviendront point faire de revue devant le roi, comme les autres années. Le roi veut leur épargner cette peine et cette dépense, mais les officiers de ce corps en sont assez fâchés, parce qu'ils assurent tous que les gardes sont plus beaux que jamais. — Le roi fit partir hier Puységur, lieutenant général, et Contades, major du régiment des gardes et major général de l'armée.

Jeudi-Saint 17, à Versailles. — Le roi lava les pieds des pauvres, comme il fait tous les ans à pareil jour ; l'après-dinée il entendit ténèbres. — Il arriva un courrier du maréchal de Montesquiou, qui mande que le chevalier de Luxembourg a repris Mortagne, où les ennemis avoient mis deux cents hommes, qui ont été faits prisonniers de guerre; mais c'est un poste que nous ne pourrons pas garder longtemps. — L'Estrade mourut à Paris; c'étoit le plus ancien lieutenant des gardes du corps; il les devoit commander cette année. Il étoit fort estimé et fort aimé ; le roi le regrette . Il avoit le gouvernement de Landrecies. — Le roi fit partir hier pour la Flandre trois lieutenants généraux, qui sont Bouzols , le comte d'Estaing et Coigny ; il fit partir aussi trois maréchaux de camp, qui sont le comte d'Estrades, Nangis et iMimeur. Le

HO JOUUINAL DK J)A>GKAr.

comte d'Estrades reçut hier son ordre à Pari.s et prit la poste dans le moment sans venir ici prendre congé. Sa diligence à partira fait plaisir, d'autant plus qu'un le croyoit un peu dégoûté du service pour n'avoir pas été l'ait lieutenant général.

Vendredi-Saint 18, à Versailles. — Le roi assista à toutes les dévotions de la journée; il dina en public avec toute la famille royale. M. le duc d'Orléans se trouva mal à table et demanda permission d'en sortir. Il s'alla mettre au lit et après avoir un peu dormi il se trouva mieux, et son mal apparemment n'aura pas de suite. Le roi, après ténèbres, s'enferma avec son confesseur et donnera demain quelques abbayes de moines et de filles et aussi quelques canonicats. Il ne disposera point des autres abbayes ni des évèchés vacants. — Le maréchal de Bezons prit congé du roi. Il va à Strasbourg et commandera l'armée d'Allemagne jusqu'à ce que le maréchal d'Harcourt y arrive. Il a ordre de le voir en passant pour conférer avec lui sur ce qu'il y a à faire. Gassion prit congé du roi pour aller assembler un petit corps en Flandre. Nous assemblons les troupes en différents endroits pour les faire subsister plus commodément, en attendant que nous soyons en état de faire tète aux ennemis.

Samedi 19, à Versailles. — Le roi alla faire sespàques à la paroisse , toucha les malades, fut enfermé l'aprèsdinée avec son confesseur, alla à six heures à complies et puis entra chez madame de Maintenon, où il travailla avec M. Voisin. — On mande de Flandre qu'on a arrêté le commissaire de Douai, qui s'appelle Rié (1) et qu'on accuse d'avoir intelligence avec les ennemis. — Les ennemis ne sont pas encore assemblés, mais on ne doute pas qu'ils ne le soient incessamment. Ils ont beaucoup de sec à Lille, à Oudenardeet à Tournay. L'Escaut ef la Lys

il) c'est Kuelle. ( Va/c du duc de Liojnes.)

sont couverts de bateaux qui leur portent des munitions de guerre et de bouche. Ils disent toujours qu'ils vont faire le siège de Douai, et nous n'en doutons point ici. On travaille dans la place à faire un avant-chemin couvert, mais elle sera apparemment investie avant qu'il puisse être achevé.

Dimanche -10, jour de Pâques, à Versailles. — Le roi assista à toutes les dévotions de la journée et toute la maison royale avec lui. — Le maréchal de Montesquiou mande que le 18 les ennemis étoient campés sous Tournay. Ils n'ont encore là que vingt-cinq mille hommes; le prince Eugène et Marlborough y sont. Us disent toujours dans leur armée qu'ils veulent faire le siège de Douai. Le roi a donné ordre au maréchal de Montesquiou d'envoyer presque tous les jours des courriers ; ce maréchal mande, à la lin de la lettre qu'il écrit au roi, qu'il entend tirer du canon et qu'il croit que les ennemis rattaquent Mortagne, qu'ils reprendront Inen aisément. — On apprit la mort de l'évêque de Comminges, frère de Dénon ville, sous-gouverneur des princes. — Le roi travailla le soir avec M. Pelletier chez madame de Maintenon.

Lundi 21, à Versailles. — Le roi tint le conseil d'État, qu'il auroit tenu hier sans la bonne fête. Il alla tirer l'après-dînée et le soir il travailla chez madame de Maintenon avec M. de Pontchartrain. Monseigneur, après le conseil, alla dîner à Meudon et y mena madame la duchesse de Bourgogne. — Il arriva un courrier du maréclial de Montesquiou. Il mande que les ennemis ont repris Mortagne, qu'ils s'avancent et ont passé au pont Avenlin. — Le roi a donné au cardinal de la Trémoille l'abbaye de Saint-Amand, qu'avoit le cardinal de Médicis, qui vient d'épouser la princesse de Guastalle et qui se réserve 20,000 francs de pension sur cette abliaye, si bien que le cardinal de la Trémoille n'en touchera pres- (jue rien, surtout en ce temps-ci.

Mardi -li, à Versailles. — Le roi tint le conseil de iinances.

1 12 JOURNAL l)i: DANGEAU.

alla l'après-dinée se promener à Trianon et le soir travailla avec M. Voisin chez madame de Mai ntenon. Madame la duchesse de Bourgogne alla à Saint-Cloud voir Mademoiselle, fit collation à la ménagerie de cette princesse et revint ici pour le souper du roi. — Les nouvelles qu'on reçut samedi de Madrid portoient que le roi d'Espagne en devoit partir à la fin du mois pour aller commander son armée d'Aragon. Il a retenu le corps des quatre vaisseaux françois qui avoient escorté la flottille et a renvoyé en France les officiers et les équipages de ces vaisseaux-là. — Madame de Vaubecourt mourut ces jours passésà Paris. Comme elle n'avoit point d'enfants, M. Amelot hérite de iOO^OOO francs qu'elle avoit eus en mariage. L'évêque de Montaul^an et la comtesse dEstaing profitent de 8,000 francs de douaire qu'elle avoit.

Mercredi 23, à Versailles. — Le roi tint le conseil d'État et Faprès-dinée il monta en carrosse pour aller tirer, mais la pluie l'en empêcha ; il ne fut qu'un quart d'heure dehors. — Par la mort de l'Estrade, lieutenant des gardes du corps, Savinnes, premier enseigne de la compagnie, a monté à la lieutenance, et comme c'est le tour de la cavalerie de remplir l'enseigne vacante, le roi a choisi pour cette charge le chevalier de Saint-Chamand, mestre de camp du Royal-étranger et brigadier. Il vendra ce régiment, dont il aura bien près de 40,000 écus. Montesson est le plus ancien lieutenant des gardes du corps, et en cette qualité il commandera les gardes cette année.

Jeudi 24, à Versailles. — Le roi dina de bonne heure et alla se promener à Marly. Il donna le matin dans son cabinet et le soir chez madame de Maintenon audience au maréchal de Villars, qui a été quelques jours à la campagne chez lui, où il a monté à cheval et y a été trois heures de suite sans en être incommodé. Il partira les premiers jours du mois qui vient pour la Flandre. — Il arriva un courrier du maréchal de Montesquiou, qui s'est retiré sous Cambray avec le petit corps qu'il commande.

Les ennemis ont passé la Scarpe. — Le roi a donné à M. le duc du Maine la survivance delà charge de colonel général des Suisses pour le prince de Dombes, son filsainé, et la survivance de la charge de grand maître de l'artillerie pour le comte d'Eu, son second fils ; cela a été accompagné de discours les plus obligeants du monde , dans lesquels le roi a fait entrer Monseigneur et monseigneur le duc de Bourgogne.

Vendredi 25, à Versailles. — Le roi travailla le matin avec son confesseur et alla se promener l'après-dinée à Trianon. Le matin, après la messe , il entra dans la chapelle neuve et y fit chanter un motet pour voir l'effet qu'y feroit la musique. — Il arriva un courrier du maréchal de Montesquieu, qui est sous Cambrayavec trente bataillons. Douai est investie du 22. — M. de Vendôme est ici depuis trois jours, et il a déjà eu trois petites audiences du roi dans son cabinet. On croit qu'il s'agit du mariage de ce prince avec mademoiselle d'Enghien et que le roi y a consenti. On avoit déjà parlé de ce mariage durant la vie de feu M. le Prince et dans le temps que M. de Vendôme paroissoit le mieux à la cour, mais M. le Prince n'avoit jamais rien voulu écouter là-dessus et avoit même supplié le roi, qui vouloit entrer dans cette affaire, de lui faire la grâce de ne lui en point parler. M. le Prince avoit cru qu'on ne s'étoit pas d'abord adressé à lui pour cela, et c'est ce qui l'avoit blessé contre M. de Vendôme.

Samedi 26, à Versailles. — Le roi tint le conseil de finances, alla l'après-dinée à Marly et travailla au retour avec M. Voisin chez madame de Maintenon. Madame la duchesse de Bourgogne alla dîner à Meudon avec Monseigneur. — On apprit la mort de madame deCaderousse, qui étoit à sa terre de Courtenay, où elle toit allée pour assister les malades^ qui y sont en grand nombre, La princesse deMontauban, salante, sera son unique héritière si elle n'a point fait de testament. — Le mariage de M. de. Vendôme * avec mademoiselle d'Enghien fut déclaré. La

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noce se fera dans quelques jours à Sceaux pendant que le roi sera à Marly. M. du Maine et madame du Maine, qui ont eu beaucoup de part à ce mariage, veulent que la cérémonie se fasse chez eux.

' M. le Prince mort et 31. le Duc aussi, il n'y eut d'obstacle au mariage de -M. de Vendôme que sa disgrâce; le roi étoit fort entré dans ce mariage longtemps auparavant qu'elle arrivât ; 31. du 3Iaine en avoit fait son affaire. Ses liaisons etoient les plus grandes du monde avec M. de Vendôme; il regardoit de plus ce mariage comme avantageux pour lui-même, parce qu'il n'avoit pas encore pris l'essor au-dessus de 31. de Vendôme, au point oij cela arriva depuis. La disgrâce ne les avoit rien moins que séparés, et 3L du Maine n'oublia rien pour acbever son mariage. Il en vint donc à bout, mais d'une manière qui ne montra que de plus en plus jusqu'à quel point 3L de Vendôme étoit perdu. Il eut peine à obtenir d'aller à Versailles parler au roi sur ce mariage; ce fut à condition de se tenir beaucoup dans sa chambre et de n'y voir personne , et personne aussi ou i)resque persoime ne s'y présenta. Ses conversations avec le roi furent sèches et très-courtes , et quand il fut question de la signature de sou contrat de mariage il n'eut pas niême la permission de s'y trouver. Bien loin d'être tiaucé dans le cabinet du roi , la noce se fit avec obscurité à Sceaux , sans qui que ce fût que d'indispensable, cinq ou six personnes au plus, bien loin des fêtes et des réjouissances , et sans compliment de la part du roi ni des personnes royales , même à mademoiselle d'Knghieu. A peine même en parla-t-ondausle monde, et pas d'espérance de se relever un peu, même sur le point de son départ jjour l'Espagne, dont il s'étoit flatté de se faire un chausse-pied.

Dimanche 27, à Versailles. — Le roi tint le conseil d'État; Taprès-dinée il alla tirer et le .soir, chez madame de Maintenon, il travailla avec M. Pelletier. — L'armée des ennemis se renforce tous les jours, mais leur gros canon est encore à Gand; ainsi on ne croit pas qu'ils ouvrent la tranchée avant la fin du mois. — Toutes les nouvelles que l'on débite du roi de Suède sont si incertaines qu'on n'y sauroit ajouter foi, non plus qu'à celles de Hongrie, qui varient tous les jours.

Lundi 28, à Marly. — Le roi tint à Versailles le conseil de dép«'*ehes et partit l'après-dinée pour venir ici, où il se promena dans les jardins justprà la nuit. 11 travailla le

MAI ITIO. 145

soir chez madame de Maintenon avec M de Pontchartrain . Le roi a voulu que madame la Duchesse fût de ce voyage malgré son grand deuil, mais elle ne va ni à la promenade ni dans le salon ; elle ne voit le roi que les soirs après souper dans son cabinet. M. le Duc est du voyage de Marly pour la première fois.

Mardi 29, à Marly. — Le roi tint conseil de finances, se promena l'après-dinée dans ses jardins et le soir travailla avec M. Voisin chez madame de Maintenon. On a retranché quelque chose de la dépense que le roi faisoit ici pour les tables, et on parle de faire encore un plus grand retranchement la première fois qu'on y viendra.

Mercredi 30, à Marly. — Le roi tint le conseil d'État et alla courre le cerf l'après-dinée ; Monseigneur et messeigneurs ses enfants étoient à la chasse avec lui. — Le marquis de Vassé mourut à Paris. Il étoit brigadier et avoit un des plus anciens régiments de dragons. Il a laissé trois ou quatre garçons ; sa veuve est fille de M. le Premier. — 11 arriva un courrier du maréchal de Montesquiou, qui est toujours sous Cambray; il mande que la tranchée n'est pas encore ouverte à Douai. Ses lettres sont de hier au matin. — Il se répand à Paris des bruits de paix qui ne sont fondés que sur des lettres que quelques négociants ont reçues de leurs correspondants en Hollande .

Jeudi V^mai, à Marly. — Le roi, après la messe, se promena dans les jardins. Il alla tirer l'après-dinée et à six heures et demie il alla au salut à la paroisse de Marly, où sont les prières de quarante heures. Monseigneur le duc de Bourgogne alla à vêpres et au salut, et madame la duchesse de Bourgogne y alla un peu avant le roi. — Le roi donne à M. le Premier 20,000 écus sur le régiment de Vassé, qui seroit vendu au moins le double, et il en payera des dettes de M. de Vassé et en partagera le reste à la veuve et aux enfants, comme il le jugera à propos. — Les ennemis qui sont devant Douai font un grand travail pour saigner la Scarpe.

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Vendredi 2, à Marly. — Le roi travailla le matin avec le P. le Tellier, son confesseur, et l'après-dinée il alla faire la revue des gendarmes, des chevau légers, des mousquetaires gris et noirs et trouva ces quatre compagnies plus belles même que durant la paix. — Le marquis d'Épinay, gendre de M. d'O et qui avoit un régiment nouveau de dragons, aura le régiment de Vassé en donnant les 20,000 écus à M. le Premier. M. d'Épinay vendra son régiment, dont on croit qu'il trouvera au moins 40 ou 45,000 francs. — Le roi à son souper me demanda des nouvelles du régiment de mon fils, que j'allai hier voir à Jleaux, où il passoit s'en allant en Flandre, et qui est en très-bon état.

Samedi 3, à Marly. — Le roi ne tient point de conseil de finances les samedis durant qu'il est à Marly. Il donna une assez longue audience au maréchal de Villars, qui vint hier ici de sa belle maison de Vaux-Villars et qui se prépare à partir pour aller commander l'armée de Flandre. Le roi courut le cerf Faprès-dinée et le soir il travailla chez madame de Maintenon avec M. Voisin. — Par un courrier arrivé de Madrid on apprend que le roi d'Espagne a fait arrêter le duc de Médina-Céli et l'a fait conduire au château de Ségovie. On ne sait point encordes raisons qui ont obligé S. M. C. à le faire arrêter ; il mande seulement au roi dans sa lettre que le duc de Médina-Céli lui a manqué en affaire très-importante.

Dimanche 4, à Marly. — Le roi tint le conseil d'État et se promena l'après-dinée dans ses jardins. Le soir il travailla chez madame de Maintenon avec M. Pelletier. — On compte que les ennemis ouvriront ce soir la tranchée à Douai. Le gros canon qu'ils avoient embarqué à Gand pour ce siège n'est pas encore arrivé, mais ils en ont fait venir de Tournay, d'Oudenarde et de Lille. Ils comptent d'être maîtres de cette place au plus tard dans quinze jours.

Lundi 5, à Marly. — Le roi prit médecine par pure pré-

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caution, comme il la prend tous les mois. Il dîna à trois heures et passa ensuite chez madame de Maintenon, où il travailla avec M. de Pontchartrain. — Il y a beaucoup de lettres de particuliers qui parlent de l'affaire du duc de Médina-Céli, et on en avoit eu de Bayonne qui portoient que [le marquis d'Astorgos] (l),son beau-frère, en mourant n'avoit pu olîtenir l'absolution de son confesseur qu'en écrivant au roi son maître tout ce qu'il savoit des mauvais desseins du duc de Médina-Céli, dont il avoit eu connoissance et dans lesquels piême il avoit promis d'entrer; mais il n'y a aucunes lettres de Madrid qui parlent de cela.

Mardi 6, àMarhj. — Le roi tint le conseil de finances, travailla ensuite fort longtemps avec M, Desmaretz. L'après-dinée il se promena dans ses jardins et le soir travailla avec M. Voisin chez madame de Maintenon. — Le maréchal de Montesquieu mande que sûrement la tranchée fut ouverte à Douai la nuit du h au 5 . Toutes nos troupes qui doivent servir en Flandre sont en marche; mais notre armée ne pourra être assemblée que le 1^ au plus tôt, et ce sera sous Cambray qu'elle s'assemblera.

Mercredi 1, à Marly. — Le roi tint le conseil d'État le matin et courut le cerf l'après-dinée. — Le duc de Coislin * mourut à Paris après une longue maladie. Il a fait son testament en faveur des enfants de madame de Blanzac, sa cousine germaine ; mais on prétend que ce testament ne sauroit nuire à M. de Metz, son frère unique, parce que les terres sont substituées. Il étoit un des quarante de l'Académie. — Le maréchal de Montesquiou mande que la tranchée fut ouverte à Douai la nuit du hau 5.

* Le duc de Coislin étoit un homme de beaucoup d'esprit , extraordinaire au dernier point et qui se piquoit de Têtre , plaisant en sé-

(l)Co nom mms o^t donni' par une \vi\c «liidiic (1(^ T.uvno*;.

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rieux et fort amusant , dangereux aussi , qui ne se refusoit rien , qui méprisoit la cour et la guerre, ou il n'alloit plus depuis longtemps, et presque jamais à la cour, où il étoit mal avec le roi, et ne s'en mettoit guère en peine, passoit sa vie avec une comédienne (1) qui le ruinoit quoique impuissant , avoit des amis en fort petit nombre. Cetoit le seul homme qui ne passoit rien a M. le Duc, qui eut pris empire sur lui, et qui toutefois demeura toujours fort bien avec lui, à qui il làelioit quelquefois des choses étranges sans (pic M. le Duc osât soiifller. On sut sa mort à Marly, où la cour étoit, vers le midi ou une heure. Son duché-pairie passoit de plein droit à l'évéque de Metz, son frère unique, cela fit la conversation. I.e comte de Roucy, qui, sans avoir le sens commun, mais beaucoup de brutalité et de bassesse et d'assiduité , étoit de tout à la cour de Monseigneur et point mal avec le roi , étoit aussi avec un air de bonhomme et sans façon avec tout le monde , et surtout avec les valets , le plus curieux homme du monde, se trouva choqué que M. de Metz fût duc et pair. Il s'en fut chez Monseigneur, à qui il dit que 31. de Metz seroit plaisant à voir en bouquet de plume ; et, comme il avoit affaire à un aussi habile homme que lui , il Finfatua par ces sottises-là que 31. de Metz, étant prêtre et évêque, ne pouvoit être duc et pair, comme si pour rétri' il falloit une épée et un bouquet de plume, et qu'il n'y eut pas des pairs ecclésiastiques séants au parlement, avec im habit qui leur est particulier. De là il alla à la fin du dîner de madame la duchesse de Bourgogne avec ces mêmes propos ; mais il y trouva monseigneur le duc de Bourgogne , qu'ils ne persuadèrent pas si aisément et qui démontra que M. de Metz pouvoit et devoit recueillir la dignité de son frère puisqu'il en héritoit de droit , qu'il étoit fils de celui pour qui rére«tion avoit été faite, et qu'il n'étoit mort au monde par aucun crime ni par aucun vœu de religion. Les envieux dans les cours ne sont pas rares; il s'en trouva un nombre qui firent chorus avec le comte de Roucy, sans que pas un put alléguer quoique ce soit, que ce ridicule contraste d'épée et de bouquet de plume, qui à peine auroit pu surprendre les petits enfants. M. de 31etz avoit aussi seu extraordinaire et n'étoit pas aimé de tout le monde , et sa fortune ecclésiastique avoit révolté contre lui beaucoup de gens de cet état , quoique la plupart hors de portée d'un poste comme Metz et d'une charge comme la sienne. Toutes la journée se passa en ces disputes dans le salon et

(1) « TI donne et lègue à madoinoiseile Diiclos quatre mille francs de peu- .sion viagère, dix mille lianes comptant et sa maison de Saint-Germain, le P. Gaillard y ayant t'ait ajouter «lue le seroit à condition qu'elle quitteroit

la comédie Il n'a tenu qu'à elle de l'épouser... » ( Lettres de la marqtiise

il'llii.ietles, des 't et l*? mai. )

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