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sagesse et la trop grande circonspection de l'auteur l'ont empêché d'y mettre beaucoup de faits curieux, parce qu'ils auroient pu fâcher quelqu'un et qu'il n'a jamais voulu fâcher personne, je n'aurai pas tant d'égards que lui. »
L'appréciation la plus exacte du Journal de Dangeau se trouve dans ces lignes de Saint-Simon, qui en déplore d'abord avec amertume la sécheresse et la servilité et qui ajoute : « Avec tout cela, ses Mémoires sont remplis de faits que taisent les gazettes , gagneront beaucoup en veillissant, serviront beaucoup à qui voudra écrire plus solidement , pour l'exactitude de la chronologie et pour éviter confusion. Enfin ils représentent, avec la plus désirable précision , le tableau extérieur de la cour, des journées, de tout ce qui la compose, les occupations, les amusements, le partage de la vie du roi, le gros de celle de tout le inonde; en sorte que rien ne seroit plus désirable pour l'histoire que d'avoir de semblables Mémoires de tous les règnes, s'il étoit possible. »
« Il est difficile de comprendre , dit Saint-Simon , comment un homme a pu avoir la patience et la persévérance d'écrire un pareil ouvrage tous les jours, pendant plus de cinquante ans. » Dangeau n'est pas le seul cependant qui ait eu cette patience ; le marquis de Sourches, grand prévôt de France, tenait un journal de même nature. 11 était fort utile à ces grands personnages de conserver par devers eux une chronologie de tout ce qui s'était passé à la cour, afin de retrouver, à l'occasion, un précédent, un droit, une faveur, un cérémonial, n'ont le souvenir eût pu échapper à leur mémoire. On les consultait parce qu'ils pouvaient répondre aux questions, éclaircir les doutes; leur importance s'en augmentait à la cour.
« Dangeau ne se cachoit point de faire ce Journal , parce qu'il le faisoit de manière qu'il n'en avait rien
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•X craindre. » C'est précisément cette absence d'esprit d'opposition et de malignité, qui est le caractère de ces Mémoires et qui leur donne cette espèce d'importance officielle, si utile pour nous. Si Dangeau a écrit des Mémoires où il loue et admire Louis XIV et les actes de son gouvernement, Saint-Simon a eu soin d'en écrire où l'esprit de dénigrement, le plus aigre et le plus persévérant , éclate à chaque page , de telle sorte que l'œuvre de l'un complète celle de l'autre, et nous fait connaître l'opinion tout entière de cette société , son esprit de critique et d'opposition, comme aussi son admiration pour la grandeur du souverain.
« On n'a vu ce journal que depuis sa mort, dit encore Saint-Simon (1). Il est entre les mains du duc de Luynes.
son petit-fils, qui en a laissé prendre quelques copies
Dangeau qui ne bougeoit de la cour et y vivoit avec la compagnie la plus distinguée et la plus choisie , avoit
grand soin d'être bien informé des choses publiques
Il écrivoit depuis plus de trente ans tous les soirs jusqu'aux plus fades nouvelles de la journée; il les dictoit toutes sèches (2). Il ne s'en cachoit point, et le roi l'en plaisantoit quelquefois. »
L'abbé de Choisy nous donne encore quelques détails qui complètent ceux qui précèdent. « M. le marquis de Dangeau m'ayant laissé voir les journaux qu'il écrit tous les ans de la vie du roi, j'y ai trouvé des dates fort sûres. » Ainsi Dangeau écrivait le journal de la vie du
(1) C'est une erreur; il le communiquait à ses amis, à l'abbé de Choisy, par exemple; il le prêta aussi à madame de Maintenon, pendant sa retraite à Saint-Cyr.
(2) Dangeau dicte de souvenir presque toujours ; quelquefois cependant, poulies nouvelles étrangères, il analyse évidemment la Gaze/ te. Lorsque Dangeau s'absentât de la cour, il entretenait une correspondance qui lui servait à mettre son Journal au courant. On en trouve la preuve dans ce passage, à la date du 15 septembre 1703 : « J'arrivai le soir de mon gouvernement, où j'étois depuis cinq semaines; ce que j'ai écrit depuis ce temps-là est pris sardes lettres sures et vérifiées à mon retour. »
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roi, comme les premiers médecins écrivaient le journal de la santé de Louis XIV (1).
Le manuscrit du Journal de Dangeau est au château de Dampierre , et appartient à M. le duc de Luynes. Il se compose de 37 volumes in-folio, un par an, excepté pour l'année 1 693, qui forme deux volumes. Le volume qui contient Tannée 1716, de reliure différente de tous les autres qui sont recouverts en parchemin, commence au premier septembre 1715, avec le règne de Louis XV. L'étude de ce manuscrit montre bien comment ce grand travail de Dangeau s'est effectué. Le premier volume, qui contient l'année 1684, est un petit registre qui a été commencé par les deux extrémités. A l'une se trouve une suite de notes que nous avons imprimées sous le titre de « Appendice à l'année 1684. » Ces notes avaient été prises par Dangeau pour conserver le souvenir de quelques faits qui pouvaient l'intéresser, à cause du prix des charges militaires de la maison du Roi , de ce que rapportait l'inquisition de Roussillon, etc. Puis, après avoir jeté ces notes sur le papier, sans ordre , sans rédaction , il a retourné son registre et a commencé , à l'autre extrémité , le samedi 1er avril 1684, son journal. Ce n'est encore qu'une-très courte esquisse « du tableau extérieur de la cour » jusqu'en 1686; les écritures sont nombreuses; Dangeau a'écrit quelquefois lui-même , mais presque toujours il dicte, soit le jour même, le soir, soit le lendemain. Ainsi on trouve à une page « hier. . . » puis ce mot est biffé, et la rédaction se continue. Le registre de 1685 avait également reçu d'abord une autre destination ; c'était primitivement un recueil d'anecdotes qui a été abandonné. Ces anecdotes, au nombre de cinquante-cinq, sont sans intérêt et ne se rattachent en rien au Journal de Dangeau.
A partir de 1686, le travail devient plus régulier; les
(1) C'est ce qui nous a fait préférer le titre de Journal à celui «te Mémoires, Dansjeau n'ayant pas donné de titre à son œuvre.
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\<»liiiiirs sont faits exprès et à l'avance; chaque jour a sa page, plus ou moins pleine, selon que les matières sont plus ou moins abondantes; c'est ce qu'indiquait Saint-Simon. « .... Toutes ces choses éclatent dans toutes les pages, dont il est rare que chaque journée remplisse plus d'une. » Le trente-septième et dernier volume e&i resté à moitié, Dangeau étant mort le 9 septembre.
Ce manuscrit est d'une belle conservation ; les marges portent de nombreuses notes au crayon et à l'encre, de diverses écritures et de diverses époques; il porte aussi les traces de nombreuses maculatures au crayon. Les notes sont pour la plupart de Dangeau lui-même ou de son petit-iîls le duc de Luynes; il y en a aussi du duc de Saint-Simon ou de son secrétaire; elles sont au crayon et ont été presque entièrement effacées plus tard. Celles-ci ne se composent que d'un mot : rangs , dignités , familles, etc., et sont destinées à préparer les tables de la copie que Saint-Simon fit faire de ce manuscrit et dont nous parlerons plus loin. Les maculatures, les lignes raturées, biffées au crayon , sont de madame de Cenlis, à qui on avait prêté ce manuscrit pour faire sa publication, qui le garda dix ans^ et n'a pas su s'en servir pour combler les lacunes qui se trouvent dans le manuscrit de la bibliothèque de l'Arsenal.
M. le duc de Luynes nous permettra de déposer ici l'expression de toute notre reconnaissance pour la générosité avec laquelle il a mis à notre disposition le manuscrit original du Journal de Dangeau.
Les nombreuses copies qui existent de ce Journal attestent combien on a toujours recherché ce précieux recueil. Voici les plus importantes.
Une copie en 60 volumes in-i°, reliés aux armes de madame de Pompadour, faite avec le plus grand soin d'après le manuscrit original, comme nous nous en sommes assurés. Cette belle copie est d'une bonne écriture du milieu du XVIII6 siècle; elle a été malheu-
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reusement maculée par madame de Genlis, à grands traits de crayon noir. Ce manuscrit est conservé à la bibliothèque de l'Arsenal (1). Il nous a été très-gracieusement confié, d'après l'autorisation de S. E. M. le Ministre de l'Instruction publique, par M. l'Administrateur de la bibliothèque de l'Arsenal; et nous nous plaisons à témoigner ici toute notre reconnaissance pour ce bienveillant procédé.
Cette même bibliothèque possède une autre copie du Journal de Dangeau , en k volumes in-folio , allant de 1684 à 1690.
Les archives du ministère des affaires étrangères possèdent un manuscrit du Journal de Dangeau en 36 volumes in-folio. Cette copie a été faite, sur le manuscrit original même, pour Saint-Simon. Le texte de Dangeau occupe le verso; le recto a été laissé en blanc par le copiste, de manière que Saint-Simon pût faire écrire, sous sa dictée, par son secrétaire, telle note ou, comme il le dit luimême, telle addition qu'il jugerait à propos. Les volumes sont terminés par des tables ( 2 ) faites par Saint-Simon lui-même et écrites par son secrétaire (3). Le texte des additions est quelquefois raturé et surchargé; ces corrections sont de M. LeDran (4).
(1) II est cité dans la Bibliothèque historique du P. Lelong sous le n" 24567, comme se trouvant dans le Catalogue de madame de Pompadour, au n° 2907.
(2) Ces tables sont divisées sous les titres suivants : Morts, Mariages, Grâces et Disgrâces, Nouvelles , Rangs , Honneurs, Démêlés, Préséances, Familles, etc.
(3) Saint-Simon avait plusieurs secrétaires qui n'étaient que des compila teurs et des copistes; l'un d'eux s'appelait Galland, et était de la famille du laineux orientaliste à qui l'on doit la première traduction des Mille et une Nuits. Les additions sont de la main de Galland.
(4) M. Le Dran était chef du dépôt des archives du ministère des affaires étrangères; il fut nommé en 1720, et prit sa retraite en 1762. 11 mourut en 1774, âgé de quatre-vingt-sept ans. C'était un homme considéré qui prépara, sur les négociations, les mémoires destinés à l'éducation du jeune Louis XV, qui lurent revus, puis remis au conseil de régence par M. Pecquet, premier
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Nous publions les additions de Saint-Simon au Journal de Dangeau. Ces notes ont été quelquefois insérées dans ses Mémoires, mais modiliées, et le plus souvent Saint-Simon ne les a pas reproduites. Les additions de Saint-Simon que nous publions sont donc en très-grande partie inédites (1). Pour celles qui se retrouvent dans les Mémoires , si elles ne sont pas inédites quant au fond, on peut dire qu'elles le sont quant à la forme. Les additions de Saint-Simon sont des portraits, des anecdotes , ou bien des observations sur les préséances, les droits, les rangs, les généalogies, qui préoccupaient si fort le grand écrivain. Les digressions sur l'ordre du Saint-Esprit, sur les bâtards, sur les Lorrains, abondent dans ces notes comme dans ses Mémoires, mais avec plus de verve. Saint- Simon a déployé dans ses additions au Journal de Dangeau, toutes ses qualités et tous ses défauts, tout l'éclat et tout l'attrait de son admirable style , comme aussi toutes ses négligences et ses bizarres tournures.
Les additions de Saint-Simon forment incontestablement la première pensée de ses magnifiques Mémoires; il ne les a rédigés qu'après avoir fait les additions au Journal de Dangeau; et, pour les composer, il s'est servi de ce Journal ainsi annoté par lui, de bien d'autres notes encore (2), et surtout de ses souvenirs.
M. Feuillet de Conches nous a donné la copie des additions de Saint-Simon qu'il avait faite en 1843 pour une édition du Journal de Dangeau projetée par le comité historique, et à laquelle M. Villemain, alors ministre, s'in-
commis des affaires étrangères, et membre de ce conseil; M. Le Dran prétendait avoir traité dans des mémoires particuliers plus de quatre cents questions d'État , en réponse aux questions des divers ministres sous les ordres desquels il a^ait travaillé.
(1) Excepté la très-petite partie publiée par Lémontey.
(2) Tous les papiers et toutes les notes de toute espèce du duc de Saint- Simon sont conservés aux archives du ministère des affaires étrangères; il \ i'ii :i une quantité extraordinaire.
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téressait vivement. S. E. M. le Ministre des affaires étrangères, M. Drouin de Lhuys, dont l'esprit littéraire et élevé a compris l'importance de notre publication , a bien voulu l'encourager en autorisant M. Feuillet de Conciles à publier les additions de Saint-Simon et en nous communiquant le manuscrit pour en faire la collation. Que M. le Ministre nous permette de lui témoigner notre profonde reconnaissance pour le service éminent qu'il a rendu aux lettres et à l'histoire par cette généreuse bienveillance.
La bibliothèque impériale possède une copie du journal de Dangeau en 22 volumes grand in-4-0. Cette copie est fautive et de peu de valeur; la bibliothèque impériale ne la possède que depuis 1789.
La copie qui est en notre possession est en 29 volumes infolio; elle est d'une bonne écriture , a été faite avec beaucoup de soin et porte de nombreuses corrections faites anciennement. Après l'achèvement de notre édition , elle deviendra la propriété de la bibliothèque de la ville de Versailles, pour laquelle M. Le Roi, son savant conservateur, avait presque terminé un volumineux extrait du journal de Dangeau concernant les faits qui se rapportent à Versailles (1).
De nombreuses tentatives ont été déjà faites pour publier le journal de Dangeau, au moins par extraits. Dès l'année 1770, paraissait, en un petit volume in-8°, le Journal de la cour de Louis XIV depuis 1684 jusgu'à 1715, avec des notes intéressantes ; Voltaire était l'auteur de cette publication, qui est exactement de la fin de 1769 et postdatée. Les notes n'ont aucune valeur historique, et n'ont eu d'autre but que de satisfaire la malignité de l'éditeur, fort piqué contre Dangeau; on verra plus loin pourquoi.
En 1817, madame de Genlis, qui appréciait fort saine-
(1) Il existe encore un grand nombre de copies du Journal de Dangeau, chez M. le duc de Mouchy, cliea M. le duc de la Rochefoucauld , chez milord Spencer, etc.
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ment les mémoires de Dangeau, en publia des extraits bien choisis, en k vol in-8°, sous le titre de -.Abrégé des Mémoires ou Journal du marquis de Dangeau. La note suivante montre que cette publication fut faite par l'ordre , ou au moins sous le patronage tout spécial de Louis XVII I :
« Il n'y a que les neuf ou dix derniers cayers de cet ouvrage ou je n'ayepas fait de nottes. Il me semble que sur ces tems rapprochés j'en ferais de passables. Je serai à cet égard comme sur toutes choses aux ordres de Sa Majesté. Je dois observer que ces nottes sont mon brouillon, et que, suivant ma coutume, je me serais corrigée sur les épreuves.
« Je mettrai sous les yeux de Sa Majesté ma notice sur Dangeau et quelques-unes de mes idées sur les Mémoires historiques en général et sur ceux cy en particulier.
« J'ai toujours pensé depuis cinq ans qu'on a négligé de faire dans les journaux un usage utile de l'histoire; ce qu'il faudrait faire sous différentes formes. Je prendrai par la suite la liberté de développer cette idée. Des faits sont plus persuasifs que des argumens. Et combien l'histoire en a fourni ! La manière convenable de les employer est si facile en variant les formes ! On n'a nul besoin de ces moyens, mais surabondance de raison ne nuit pas surtout pour les pays étrangers (1). »
La même année , 1817, madame de Sartory publia de nouveaux extraits du Journal de Dangeau , en 2 petits » volumes in-12, sous le titre de : Extraits des Mémoires du marquis de Dangeau.
En 1818, Lémontey, pour se donner la satisfaction de contredire madame de Genlis, qui prétendait avoir imprimé tout ce qu'il y avait de curieux dans Dangeau, et aussi pour avoir un prétexte de publier du Saint-Simon , donna encore un volume in-8° de nouveaux extraits, dont il ac-
(1) Note autographe «le madame «le Genlis, communiquée par M. Feuillet île Conches.
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eompagna son Essai sur l'établissement monarchique de Louis XIV. Il joignit aux extraits de Dangeau quelques notes d'un anonyme; c'étaient des fragments des additions de Saint-Simon, copiés sur le manuscrit du ministère des affaires étrangères ; Lémontey savait parfaitement bien que ces notes étaient de Saint-Simon ; il n'a pas voulu le dire pour ne pas faire savoir où était cette précieuse mine. Les extraits de Dangeau et de Saint-Simon sont réimprimés dans les OEuvres complètes de Lémontey (5 vol. in-8°, 1829); ils en forment le 4e volume.
En 1830 , MM. Paul Lacroix et A. Pichot imprimèrent sous le titre de : Mémoires et Journal du Marquis de Dangeau, publiés pour la première fois sur les manucrits originaux, avec les notes du duc de Saint-Simon , de nouveaux extraits. Les quatre premiers volumes de ce travail sont les seuls qui aient paru et s'arrêtent au mois de juillet 1690. L'édition de ces écrivains n'était pas encore une édition complète; ils avaient supprimé beaucoup de choses comme étant inutiles; ils n'avaient même pas reproduit tout ce que madame de Genlis avait donné. Leur titre contenait une erreur, car le manuscrit de la bibliothèque de l'Arsenal, dont ils s'étaient servi, n'est pas le manuscrit original, mais une copie, quelquefois incomplète, et les lacunes n'avaient pas été comblées par une sévère collation avec d'autres manuscrits. Quant aux notes de Saint-Simon, les éditeurs s'étaient bornés à reproduire celles qui avaient été déjà publiées par Lé montey.
Qu'on nous permette maintenant de parler de notre édition. Nous publions pour la première fois en entier, sans en rien retrancher , le Journal du marquis de Dangeau et les additions du duc de Saint-Simon. Nous avons poussé le respect des manuscrits aussi loin que possible , voulant livrer aux lecteurs l'œuvre de Dangeau et celle de Saint-Simon.
La copie que nous possédons est la base de notre édi-
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tion ; mais elle a été soigneusement collationnée et complétée, et minutieusement corrigée. Nous avons voulu donner un texte qui fût exactement celui de Dangeau; nous nous sommes cependant décidés, après avoir imprimé d'abord les noms propres tels qu'ils sont écrits dans les manuscrits de Dangeau, à les orthographier exactement. Nous avons dû, devant de nombreuses observations, renoncer à notre trop scrupuleuse fidélité d'éditeurs. Au reste, la table générale qui terminera cette publication donnera l'orthographe exacte des noms, rectifiera ainsi ceux dont les manuscrits avaient altéré l'orthographe et établira l'unité.
Nous n'avons mis que peu de notes, et les plus indispensables; il eût fallu, pour dix lignes de Dangeau, donner au moins vingt lignes de notes, ce qui eût triplé le nombre des volumes, et eût rendu la publication de ces Mémoires impossible. Le Journal de Dangeau n'est qu'un vaste recueil de documents et de détails pour l'histoire générale, qu'il ne serait possible d'annoter complètement qu'en réimprimant tout le Dictionnaire de la Noblesse, tout le P. Anselme, la Chronologie militaire de Pinard, toutes les lettres et tous les mémoires du temps. D'ailleurs Saint-Simon a annoté le journal de Dangeau, et ses additions laissent peu à faire.