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LE TIERS PARTI

La France avait été sauvée jadis à force d'héroïsme; elle le fut cette fois à force de bon sens.

Elle en avait déjà montré, mais c'est alors qu'elle en donna des marques décisives et éclatantes. La terrible crise qu'elle traversait contribua grandement à éclairer et assagir la meilleure partie de la nation, à la désabuser des chimères qui hantaient le moyen âge, à la mettre en garde contre les folies religieuses, à lui inculquer des idées plus saines. Dans la politique, comme dans la littérature, dans l'art, en toutes choses, le bon sens prit chez nous une place et une autorité qui, à certains moments, furent capitales.

Des hommes honnêtes, rapprochés les uns des autres par les maux et les dangers du pays, par un esprit de modération, de concorde, d'humanité, par le goût de la mesure et du juste milieu, par leur aversion pour le fanatisme, formèrent, sous les auspices de L'Hospital, le parti qui devait par la suite se rallier autour de Henri de Navarre.

On les appelait et ils s'appelaient eux-mêmes les Poli-

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