XX INTRODUCTION
prédicateurs excitaient continuellement au sang et au carnage ».
Un jour où les troupes royales avaient eu un léger avantage vers Senlis, « il y eut des femmes que l'on voulait mettre prisonnières parce qu'elles portaient leurs cotillons de fête... Une maison honnête faillit être saccagée par le rapport d'une servante qui dit qu'elle avait vu rire ses maîtres... Ceux qui portaient seulement le visage un peu gai, étaient tenus pour politiques et royaux, et comme tels couraient fortune, pour ce que les curés et prédicateurs avertissaient d'y prendre garde et criaient qu'il fallait se saisir de tous ceux qu'on verrait rire ».
Lors de l'assassinat de Henri 111, au contraire, « ceux qui ne riaient pas étaient réputés politiques et hérétiques ». 11 suffisait, pour être jeté en prison, « d'être chargé seulement du soupçon de favoriser en sa conscience le parti du Roi ».
En 1591, après la pendaison du président Brisson, L'Estoile vit son nom et celui de son beau-père parmi ceux des politiques inscrits sur les listes de proscription : le beau-père était désigné pour la pendaison, le gendre pour être dagué.