INTRODUCTION XXI
Pierre garda jusqu'à la fin de sa vie une égale aversion pour le fanatisme des ligueurs et pour l'hérésie des huguenots. En IGIO, un de ses cousins vint le visiter pour avoir ouï parler de lui par quelques ignorants « qui tenaient pour suspects et sentant mal de la foi tous ceux qui n'adhéraient pas aux abus de l'Église romaine et en demandaient la réformalion >. « Je suis en effet de ce nombre, répondit L'Estoile, ne m'estimant pas moins catholique pour cela. » Il a constamment professé qu'il fallait « arracher de l'Église ces deux plantes bâtardes : papistes et huguenots, et rendre la catholique bien réformée, et la réformée catholique ».
A plusieurs reprises, nous l'entendons réprouver énergiquement les opinions des ministres protestants. Il pousse même l'intolérance jusqu'à écrire à propos d'un petit orfèvre qui, se trouvant de garde à la porte Saint-Jacques lorsque le saint sacrement vint à passer, s'était retiré à l'écart sans ôter son bonnet ni faire autrement semblant de savoir ce que c'était : « Dont sur l'heure il faillit être tué et saccagé sans le capitaine Jusselin qui le sauva de la mort qui lui était inévitable et bien due à sa témérité ».
Pour avoir dit et maintenu que la Vierge Marie avait eu d'autres enfants que Jésus-Christ, une vieille femme est jetée en prison. L'Estoile estime que ces paroles impies et blasphématoires ne peuvent procéder que d'un esprit troublé, d'humeur extravagante, et qu'il vaudrait mieux cacher de telles choses que de les publier.
Son orthodoxie est bien avérée. En revanche il n'aime pas les Jésuites. 11 pense qu'à la vérité Antoine Arnauld a été trop violent dans son plaidoyer contre eux ; mais il est lui-même de ceux qui « les souhaitent tous aux Indes à convertir les infidèles ». Il voudrait voir la