‹ Journal;Chapitre 25 sur 47 · INTRODUCTION XXIX · texte numérisé non relu

INTRODUCTION XXIX

brigandages et excès se commettent avec plus d'audace et d'impunité que jamais » (en 1607).

En 1608, une cupidité effrénée engendre des atrocités : « pour l'amour de l'argent on est barbare ». c La vénalité, la superstition, l'iniquité, se renforcent tous les jours. » Bien que Henri IV déteste les mœurs ignobles de la cour des derniers Valois, elles persistent et sont tellement à la mode, que qui ne les affecte, n'est pas tenu pour galant homme. A la fin du mois d'août, la ville est enfin « nette de peste pour le regard des corps, mais non pour les esprits plus souillés et plus infectés de vices que jamais ». L'aliénation d'esprit, les maladies mentales et autres semblables verges de Dieu, sévissent avec violence. Un gentilhomme est décapité en place de Grève pour avoir, par charmes et piqûres d'une image de cire, voulu attenter à la personne du roi. Des prêtres et des sorciers célèbrent la messe noire, la « messe à reculons ». On s'entretient communément de choses qui ne sauraient être répétées ici, « actes exéci'ables, qui sentent les contes des pauvres vieilles folles, bien que l'iniquité du temps donne beaucoup de poids et de créance au bruit de pareilles abominalions ».

Les détails précis, circonstanciés, fournis par L'Esloile, et les réflexions dont il les accompagne, laissent une impression profonde. On se figure mal la sombre horreur, la barbarie sauvage, la corruption qui s'étalent en ces premières années du siècle, si l'on n'a pas la l)atience de poursuivre jusqu'au bout cette lecture lamentable. La liste surprenante pour nous, trop courte au gré de L'Estoile*, des supplices infligés, les uns

1. A propos d'un blasphémateur brûlé en 1607, il fait cette remarque : « Si faut-il bien croire que ces blasphèmes étaient

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