‹ Journal;Chapitre 27 sur 47 · LA LIGUE ET LA RÉVOLUTION FRANÇAISE · texte numérisé non relu

LA LIGUE ET LA RÉVOLUTION FRANÇAISE

En même temps que L'Estoile nous fait connaître la société dans laquelle il vécut, il nous aide à combattre une des plus grosses erreurs que l'on ait commises en parlant du xyiii^ siècle.

Lorsque La Harpe, converti au christianisme, se mit à déclamer contre la Révolution, il prétendit que « ce règne de monstres » était « une époque unique dans l'histoire du monde >. Il s'étonnait de la multitude des crimes, de tant d'extravagance et d'atrocité; à l'en croire, on n'avait pas jusqu'alors « l'idée ni l'exemple d"une telle rage », on n'avait « jamais entendu, depuis qu'il y a des hommes et des crimes, rien de semblable à ces inconcevables discours, répétés à toutes les heures et à toutes les tribunes, langage inconnu jusqu'alors aux oreilles humaines, mélange inouï de dépravation monstrueuse et de rhétorique puérile... la plus épouvantable barbarie vomissant avec des hurlements de bête sauvage les refrains du massacre et de la destruction, mêlant le sarcasme au poignard et la plus plate

étranges, vu la corruption du siècle où nous vivons, auquel on punit plus les injures faites aux hommes que celles qu'on commet envers Dieu ».

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