‹ Journal;Chapitre 28 sur 47 · INTRODUCTION XXXI · texte numérisé non relu

INTRODUCTION XXXI

ironie à la plus lâche persécution, raillant les cadavres, plaisantant dans le sang, proclamant des milliers de meurtres au nom de l'humanité ».

A la suite de La Harpe, une foule de littérateurs plus ou moins célèbres n'ont cessé, depuis cent ans, de répéter que rien n'égalait en horreur la Révolution française, et pour expliquer comment une révolution aussi abominable était devenue possible, ils ont imputé aux écrivains du xviii^ siècle une doctrine insensée. Le Contrat Social a été présenté comme la source de la Terreur. Taine, comme Mallet du Pan, croit que Marat descend de Rousseau. L'abbé Maury a prétendu, dans un i>/e?no//"e adressé au Pape ', que la philosophie avait provoqué l'exécution de Louis XVL

La manière la plus simple et peut-être la meilleure de couper court à ces divagations, est d'ouvrir le Journal de L'Estoile. Maury eût été bien en peine d'apporter à lappui de son assertion le moindre argument un peu solide; un sophiste, si habile ou si effronté qu'on le suppose, trouverait difficilement dans les œuvres des philosophes un mot sérieux en faveur du régicide. Pour montrer un lien indéniable entre la Bible et les attentats dirigés contre Henri III et Henri IV. il n'est pas besoin de recherches.

Lorsque L'Estoile écrit : « C'est l'exercice ordinaire d'un Ligueur et la marque infaillible d'un catholique zélé, d'avoir toujours la messe et la religion en la bouche, le brigandage au cœur, le meurtre et le sang aux mains » ; lorsqu'il ajoute que « les parricides et assassinats les plus exécrables étaient censés miracles et œuvres de Dieu », que les prédicateurs excitaient les insolences et furies populaires par leurs injures contre

i. Tlieiner, I, 391.

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