‹ JournalChapitre 56 sur 84 · XLVIII) [18 X · texte numérisé non relu

XLVIII) [18 X

8 Juin 1843

Le hazard 1 m'ayant conduit chez l'éditeur Aïllaud ?, à: propos dw mot fato 3, mal interprêté dans toutes les traductions de Camoens, aussi bien que dans celle que j'ai revisées 4 (c’est le mot hkato espagnol), j'ai fait la connaissance de M. Roquete *, l'éditeur du Leal Conselheiro 5. T1 tenait à la main le Cancioneiro de D. Diniz, dont copie lui avait été envoyée de la Vaticane et il traitait de l’impression de ce livre avec le libraire gentleman qui veut le donner au public 7. M. Roquete, qui paraît avoir

LnSTCe :

2 Jean-Pierre Aillaud, « le libraire gentleman », comme l'appelle Denis, — fils de Pierre Aïllaud qui, parti du Dauphiné et établi au Portugal, avait épousé une Portugaise, — a fondé la librairie qui porte son nom, en 1806, rue de l’Ancienne

Comédie (son siège était 11 Quai Voltaire, en 1843). Il avait épousé la fille du libraire Caillé ; il sera consul de Portugal à Caen et mourra en 1852.

3 Le mot fato (qui correspond en effet à l’espagnol hato) peut signifier vêtement, ou trousseau, mobilier, troupeau selon le contexte. Le passage des Lusiades auqneh Denis fait allusion est la strophe XLIX du chant III.

| « À pastoral companha, que deïitada

Co doce sono estava, despertando Ao estridoy do fogo que se ateia Recolhe o fato para aldeia. » ;

La traduction Ortaire Fournier, revue par Denis, interprète ainsi ce passage : « La jeune bergère qui reposait plongée dans un doux sommeil, s’éveille tout à coup au pétillement de la flamme, saisit ses véfements et s'enfuit tremblante vers le village. » M. J.-M. Rodrigues dans son édition de l’Imprimerie Nationale de 1928 commente le mot ainsi (commentaire, XC) : « fato, tanto pode ser o rebanho como os ustensilios, roupas, etc...» Azevedo traduit #roupeau. Jose Agostinho, À chave dos Lusiadas, entend « roupas (vêtements) objectos, gado (troupeau), tudo que tem na choupana (tout ce qu’ils ont dans leur cabane) ».

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