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NI & OO B& £& D M

est représentée à l'Odéon. — On affirme que le Théâtre français a fait faire des offres la veille du jour où M. Ponsard avait fait recevoir son œuvre au théâtre du faubourg St-Germain !.

{Verso] La représentation de cette pièce a eu lieu le 22 avril, il y a eu un ? fervent et sérieux enthousiasme, une négligence de Mme Dorval a failli compromettre la pièce. Elle ne venait pas, les acteurs sont allés la chercher ; la scène est restée vuide , sans que rien ne motivât cette absence étrange. Je n’y étais point, du reste, c’est mon frère qui, le lende- ‘main, m'a tout conté.

La veille, j'étais allé entendre chez Mme Kreutzer le jeune Filshs 5, — merveille qui dit les plus belles choses sans effort, avec une sobriété de moyens, une expression profondément sentie qui en font, dès ce jour, un grand artiste. — Quelque chose comme Mozart à l’âge qu'il a maintenant, c'est-à-dire douze ans. Son frère qui est employé à la chancellerie de Vienne m'a dit que c'était un enfant doux, bon, de sentiments religieux, il a eu l'hyver $ dernier une fièvre typhoïde, il a maintenant l’aspect d’un enfant vivace aux yeux noirs et actifs. Son frère dit qu’il a frémi de plaisir en entendant les concerts du Conservatoire, et qu’en tout Paris avait eu une grande et forte influence sur sa jeune âme. Chopin qui lui donne des leçons le laisse d'ordinaire aller selon sa manière de sentir. Il lui dit seulement : Nous comprenons cela tous les deux d’une façon différente,

-mais va ton train, fais comme tu sens, cela peut aller aussi de cette façon.

1 Dans une lettre inédite dont M. Latreille (/oc. cit., p. 160) a cité quelques lignes, Pousard confirme les propositions du Théâtre Français : « Les choses en étaient au point que si le Ministère avait fait place à Molé, qui est très bien avec le directeur du Théâtre Français, on n'aurait accordé à l’'Odéon la subvention qu’il demande qu'à la condition de lâcher Lucrèce, et de la laisser aller au Théâtre Français. »

? un, surcharge de.

PNS10:

5 Sie. — Il s'agit du pianiste Fieltsch, artiste hongrois d’un talent extraordinaire, mort très jeune (cf. W. Karenine : G. Sand, sa vie et son œuvre, t. IT, 1912, p. 119).

St

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