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M. HUSSON

Avant d'être définitivement attaché au Siècle comme gérant et comme rédacteur de la politique étrangère, deux fonctions qu'il occupe depuis 1850, M. Husson en avait été le collaborateur de 1834 à 1847, ainsi que du Globe, du Courrier Français, du Temps et du National.

C'est à lui que l'on est redevable de la création ou du moins de l'extension des comptes-rendus des Chambres pour les journaux du soir.

Kn 1847, M. Husson prit en main la direction du

journal politique la Semaine, le plus complet des journaux^ hebdomadaires, qui comptait parmi ses collaborateurs MM. Sarrans jeune, Duclerc, Urbain, Guillemot, Paul de Saint-Victor, Auguste Jullien, Lauray, les docteurs Foissac et Chatin etc.,. Dans toute sa carrière et surtout dans sa gérance et sa collaboration au Siècle, M. Husson à su s'attirer l'estime et l'affection de tous par sa modestie bien connue et son obligeance à toute épreuve; et il a toujours apporté dans la rédaction de ses articles ce jugement sain et cette pureté de style qui dénotent clairement qu'il avait d'abord débuté dans l'enseignement avant d'être journaliste.

M. HENRI AUGU «

Sous le ministère Thiers, alors que la question d'Orient laissait espérer enfin une guerrre légitime, qui eût fait sortir le règne de Louis-Philippe du système delà paix à tout prix, Henri Augu s'engagea comme tant d'autres et entra dans un régiment de ligne.

1. Né à Landau (Bavière rhénane), en 1818, de parents français, commença ses études de droit à Strasbourg.

La guerre ayant avorté, le fougueux engagé volontaire se dégoûta bientôt du métier de soldat, qu'il ne comprenait pas en temps de paix. Cependant ce ne fut qu'au bout de cinq ans qu'il quitta le service, après s'être attiré quelques persécutions pour ses opinions politiques. Ce furent ses amis, les démocrates de Cherbourg, qui le firent remplacer, pour lui confier la rédaction du journal de l'opposition de la ville où il était sous-officier.

Lorsque le Journal de Cherbourg eut cessé d'être politique en 1847, par suite d'une forte condamnation pécuniaire infligée par la cour d'assises de la Manche, en dépit du verdict d'acquittement prononcé par le jury, Henri Augu se rendit à Paris et entra aussitôt dans la rédaction politique de la Réforme.

A la Révolution de février, il fut envoyé à Cherbourg, comme commissaire du gouvernement provisoire.

Dans ces circonstances difficiles, Henri Augu sut allier la modération à l'énergie, et maintenir sans trouble la réaction, tout en donnant satisfaction aux instincts démocratiques de la nombreuse population ouvrière de cette ville.

De retour à Paris, après avoir donné sa démission une fois les élections terminées, Henri Augu reprit sa place à la Réforme.

En 1850, il entra au Siècle, qu'il n'a pas quitté depuis.

Chargé de la rédaction de la partie commerciale de cette feuille, il n'y remplit habituellement qu'une tâche ingrate et plus difficile qu'on ne pense. Sous une forme sèche et laconique, il doit dire au commerce l'exacte vérité, tout en évitant de froisser tant d'intérêts contraires.

Mais Henri Augu n'est pas seulement le rédacteur au style aride et sommaire qui convient à la matière commerciale et aux chiffres. Depuis quelque temps, il s'est révélé comme écrivain d'un genre tout différent.

Nouvelliste et romancier, il a su promptement prendre une place, que d'autres malheureusement n'acquièrent souvent qu'après bien des années d'efforts.

Parmi ses romans historiques, qui se distinguent à la fois par de sérieuses recherches et par une action vive et dramatique, nous citerons les Zouaves de la Mort et les Français sur le Rhin. Dans ce dernier ouvrage, il a esquissé, avec autant d'impartialité que de vigueur et de vérité, la grande et dramatique époque de 93.

C'est l'histoire à la main, que Henri Augu écrit le roman: il la vulgarise en intéressant. Aussi, tout

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en mêlant à son appréciation un grain de critique, Victor Hugo a-t-il pu lui écrire avec justesse :

« Votre livre intéresse, émeut et enseigne. Vous savez être passionné et rester calme, de sorte que le drame ne trouble point l'histoire. »

M. Henri Augune s'arrêtera pas, nous l'espérons, en si bon chemin.

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