M. HIPPOLYTE LUCAS
M. Lucas est un journaliste estimable et un auteur dramatique honorable. On ne trouve pas dans ses écrits l'accent des œuvres de premier ordre. M. Lucas n'est pas un inventeur, mais il aime les lettres avec passion. L'étude de la littérature espagnole n'a pas peu servi le consciencieux écrivain. Il a su rendre avec une vérité tempérée les élanschevaleresques des héros de Lope de Véga et de Galderon. Corneille, lui aussi, avait cherché l'inspiration à cette source ; il y avait miré son mâle visage. Lorsque M. Lucas voulut à son tour repasser par le chemin qui conservait encore la trace des pas du maître, il dut ressentir quelque crainte.
Parmi les ouvrages de M. Hippolyte Lucas, nous citerons de préférence : Le Médecin de son honneur, U Hameçon de Phenice, et le Tisserand de Séyouie. Le talent d'assimilation de M. Lucas l'a servi très-heureusement. L'éclat lui fait défaut cependant; son style manque d'originalité, mais non d'élégance. En transportant sur notre scène des œuvre étrangères, il a cru faire preuve de goût en atténuant les parties vives, en arrondissant les angles, en traduisant la ronde bosse parle bas relief; en cela il a, croyons nous, commis une erreur tout à fait préjudiciable à son talent.
On retrouve chez M. Hippolyte Lucas, journaliste, les qualités et les défauts qui servent et déprécient M. Hippolyte Lucas auteur dramatique. Sa bienveillance est connue, et quand ses principes littéraires l'obligent à condamner, c'est d'une douce voix qu'il fait entendre de dures vérités.
M. Lucas a été chargé, lors de la fondation du Siècle, de rédiger la critique théâtrale. Maintenant il rend compte des livres nouveaux.
Voici la liste des principaux ouvrages du sympathique écrivain : Alceste, Mcdée, la Jeunesse du Cid. En dehors du théâtre, M. Lucas à publié une courte Histoire du Théâtre Français, que l'on consulte avec fruit.
Il est bon de noter ici également le Portefeuille d'un journaliste , les Curiosités dramatiques et littéraires^ des Documents relatifs à l'histoire du Cid et un volume de vers.