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M. ROUSSET

N'en déplaise à MM. Jourdan, de la Bédollière, Plée, c'est tout d'abord sur les articles de M. Rousset que se jettent, tous les matins, la majeure partie des lecteurs du Siècle. La Compagnie transatlantique, les Obligations mexicaines ou autrichiennes, les

1. Né à Paris en 1818, a fondé en 1848 les Nouvelles du jour ou le Spectateur républicain et la Revue comique. Entré au Siècle en 1849.

Petites voitures, le Gaz, les Chemins de fer, en un mot tout se qui se côte à la Bourse, préoccupe, de nos jours, bien autrement les grands et les petits rentiers que la Prussification de l'Allemagne, le retrait de M. de Mérode ou le nouveau cabinet de Lord Russel. Les journaux ont si bien compris l'importance du bulletin financier, que la plupart lui accordent la place d'honneur.

C'est pourtant là une déférence aux goûts du public que nous ne saurions trop approuver. Le bulletin financier ne perdrait rien, ce nous semble, à être relégué au second plan. Cette appréciation toute personnelle n'enlève rien au mérite incontestable de M. Rousset. Il excelle en ces matières délicates et qui exigent une excessive prudence.

Le Siècle compte encore parmi les rédacteurs dont la collaboration est moins assidue: MM. Louft, chargé du département de l'édilité, où il a su, par. une grande compétence et un talent remarquable, faire oublier son prédécesseur, Arminio Duchâtelet; Oscar Comettant, ce conteur dont on ne se lasse pas ; Félix Deriè<;e. dont tout le monde lit avec le plus

grancf intercales savants comptes-rendus artistiques; b. sainte-anne, pseudonyme qui cache un des plus ardents défenseurs de la démocratie et l'une des victimes du coup d'État. C'est lui qui est chargé, au Siècle, de répondre aux feuilles départementales. M. Sainte-Anne est un écrivain de talent, et nous regrettons de ne pouvoir lui consacrer une notice spéciale; Alfred Michiels, un écrivain d'une incontestable valeur, un charmant historien qu'on nous dit avoir déserté le Siècle depuis peu, mais à qui nous nous promettons bien de dire son fort dans un prochain volume, bien persuadé qu'en quittant le Siècle, il n'abandonne pas le journalisme. François Plée, qui essaye de marcher sur les traces de son frère Léon; enfin Benjamin Gastineau, cette incarnation du Juif-Errant politique, cet Ahasvérus de la presse, comme l'a si justement qualifié Edouard Plouvier.

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