M. LÉON GATAYES
Il serait difficile, je crois, de rencontrer une figure plus originale et une nature plus artistique que celles de Léon Gatayes. Tour à tour musicien, écuyer, journaliste, il a su se faire une réputation chevaleresque, que partage avec lui son ami Alphonse Karr.
Camarade de Victor Hugo à l'école de l'abbé Cordier, élève de son père et de Gousineau, harpiste distingué, il est arrivé jusqu'à nous à travers une foule d'aventures et de succès de tous genres qu'a voulu rappeler Alphonse Karr dans son roman de Geneviève.
1. Né à Paris le 24 décembre 1803, a fait ses études au Lycée Louis-le-Grand, a collaboré au Corsaire, au Journal de Paris, à la Chronique de France, au Mousquetaire, à la Gazelle <L> paris et au Ménestrel.
Léon Gatayes a été forcé, par suite d'une chute malheureuse, de renoncer à tous ses exercices violents où il n'avait d'autre rival que son ami Alphonse Karr. Il a même délaissé complètement cette harpe qui avait charmé Chateaubriand et madame Récamier, qui avait accompagné la Malibran et Dorus, et qui avait soutenu les essais de Duprez.
Aujourd'hui père de famille et rentier, il vit tranquillement à Dieppe, d'où il ne sort que pour s'occuper encore de ses deux passions : les courses et les régates, dont il fait depuis douze ans des comptes-rendus au Siècle en connaisseur habile que ne dédaignent pas de consulter les plus renommés sportmen de France