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ils se rapprochant de l'église anglicane. Plus bas ils ajoutent :
« Nous admettons comme inspirés de Dieu les » livres canoniques de l'ancien et du nouveau Tes- )) tament adoptés par l'Eglise primitive. »
On pourroit leur demander , 1 "" quels sont ces livres canoniques qu'ils admettent : car sur cela , comm€ sur tout le reste , nul accord parmi les protestans; 2"" pourquoi reconnoissant dans les livres de l'ancien Testament la parole inspirée de Dieu, ils prennent néanmoins l'Evangile seul pour règle de foi ; S*" comment , s'il n'existe point d'autorité infaillible , ils sont certains que les livres de l'ancien et du nouveau Testament ont été inspirés de Dieu.
Tout cela peut se traduire en ces termes : Nous sommes d'opinion que tous les livres canoniques ayant été , suivant Vopinion de la primitive Eglise , inspirés de Dieu , une partie des livres canoniques sont une bonne règle d'opinion,
M. Châtel admet de nom les sacremens , mais il affranchit les personnes d'un âge mûr du fardeau insupportable de la confession auriculaire , qu'il conseille seulement aux enfans. Et comme sa commisération en ce genre est inépuisable , il soulage encore les siens d'un autre fardeau insupportable , savoir, de V abstinence, s'en rapportant du reste, en ce qui touche le jeàne prescrit dans l'Evangile , à la piété des fidèles. Puis, comme il est bien juste, songeant aux pasteurs après s'être occupé des bre-
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bis , il les délivre à leur tour d'un fardeau qu'il juge tout au moins aussi msupporlahle que l'abstinence et la confession, le célibat. Défendre le mariage aux prêtres , dit - il , quelle impertinence ! Il pardonneroit tout plutôt que cela; et pour lui il s'en tient à ce que Dieu dit à nos premiers parens , Croissez et multipliez (1) : fds d'Adam, il lui faut son Eve; et il l'aura, on y peut compter. Ecoutons sur ce point la profession de foi.
(c Le célibat des prêtres est opposé à l'esprit
» comme à la lettre de l'Évangile C'est un état
» contre nature et antisocial que repoussent éga- » lement et la religion et la civilisation. Tant que » les prêtres ne seront pas mariés, la religion prê- » chée par eux sera un ferment de discorde , un » sujet de perturbation sociale.
» Bien que le célibat soit antireligieux; comme >) il ne nous appartient pas de mettre les hommes » d'accord avec eux-mêmes, et que la plupart de » ceux qui déclament contre le célibat seroient les » premiers à se scandaliser en voyant des prêtres » mariés remplir les fonctions du ministère , un » ecclésiastique engagé dans les liens du mariage » n'exerceroit au nom de la société que d'après la » demande de la commune. ))
Ceci est curieux à plus d'un égard. Que M. Châ-
(1) « Dieu , quand il créa l'homme, Jui fit une compagne , disant » qu'il n'étoit pas bon que l'homme fût seul ; ailleurs , il dit à Adam » et à Èyg de croître el multiplier... Noè chefs spirituels ont dit à » Dieu : Tu Ves trompé, Seigneur, » etc.
tel ignore que , dans l'état actuel de la société en Europe , sur cent individus de Y âge de vingt ans et au-dessus il y a forcément trente-cinq célibataires, cela nous étonne peu. Si, avant de fabriquer une secte , il falloit s'enquérir des lois naturelles qui régissent l'humanité , où en seroient les réformateurs? ce seroit par trop décourageant. Mais ce que nous remarquerons , c'est qu'on est obligé de conclure des paroles que nous venons de citer que dans Véglise catholique française il y aura des prêtres célibataires; c'est-à-dire des prêtres qui, selon sa profession de foi , vivront dans un état contre nature et antisocial que repoussent également la religion et la civilisation : et môme elle s'engage , à en fournir aux communes qui en désireroient , ] bien que la religion prêchée par eux ne puisse être quW ferment de discorde, un sujet de perturbation sociale. Au moins les communes sont bien averties; et si les prêtres célibataires ou antireligieux de M. Châtel portent chez elles la discorde et la perturhation , elles l'auront bien voulu : Véglise catko-^ lique française ne leur promet que de mauvais su^ jets ; si , comme on doit le croire , elle tient parole, il n'y aura pas le moindre reproche raisonnable à lui adresser.
De pape, il n'en est pas question dans Véglise catholique française. « Sa hiérarchie se compose : ((1^ d'un évêque qui prend le titre de patriarche; » 2° d'un coadjuteur, vice-patriarche ; 3^ d'évêques » dont la sagesse éclairée dirigera leurs frères dans
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)) l'exercice de leurs fonctions ; 4"^ de prêtres dé-
)) voués au Seigneur ; 5^ de diacres zélés pour
» la maison de Dieu. »
Voilà qui est bien. Et que feront tous ces messieurs ? D'abord ils croiront et penseront tout ce qu'il leur plaira , ce qui est toujours agréable. Ensuite les plus éclairés dirigeront les autres, supposé néanmoins que ceux-ci reconnoissent les lumières supérieures des évèques qui , quoique faillibles , ne sont pas moins les chefs de V Eglise, et veuillent se laisser diriger par eux ; car s'ils venoient de fait à faillir, ce dont chacun sera juge , où seroit la raison de leur obéir ?
Toutefois , (( chaque évêque a le droit de faire )) pour son diocèse des règles de discipline. Mais » l'obéissance aux lois étant le premier et le plus » sacré des devoirs , un prêtre ne doit jamais » obéir aux règles de discipline ecclésiastique qui » sont en opposition avec les lois de son pays. » Par conséquent toute la discipline dépendra de la puissance séculière, c'est-à-dire qu'en dernière analyse elle sera le chef suprême de V église catholique française; et c'est le terme où tous les schismes aboutissent nécessairement.
La profession de foi de M. Châtel est précédée de quelques réflexions écrites en style de cabaret , eî qu'il intitule : Esprit du clergé de VEglise romaine , ou De Véducation antinationale des séminaires. C'est un mélange informe d'injures de club, de niaises stupidités et d'accusations atroces. Si l'on.
devoit juger de l'éducation des séminaires par le fruit qu'en a retiré M. Châtel , il auroit grande raison de s'en plaindre. Une des choses qui le choque le plus , c'est le peu de crédit qu'obtient dans ces maisons le gallicanisme. « Si vous êtes prêtre , )) dit-il, gardez-vous bien d'être gallican; car aux » yeux de la plupart des évêques jésuites de nos jours » le gallicanisme est le symbole de l'impiété • Au sé- )) minaire, si vous êtes de l'opinion de Bossuet, vous » serez suspect à vos supérieurs et fort mal noté par )) eux. )) M. Châtel a vu cela, il a vu que le gallicanisme expiroit, que c'étoit fait de lui si l'on ne venoit à son secours par quelque résolution vigoureuse, et il a fondé V église catholique française.
Cet homme devient quelquefois tout-à-fait furieux, et alors il lui échappe des paroles qui épouvantent , des paroles qui ressemblent au râle du tigre : ((Voyez, » s'écrie-t-il, cette admirable population de Paris : )) elle rend justice aux ennemis de nos libertés; aussi » la craignent-ils à juste titre , et ne se montrent-ils » au grand jour que sous des habits empruntés. Mais » l'expérience ne sert de rien aux hommes abrutis » par le fanatisme d'une crasse ignorance; le gou- » vernement français s'abuse donc s'il croit que les » chefs actuels du clergé s'attacheront jamais fran- » chement aux nouvelles institutions. Nous ne ve- » nous pas ici conseiller la persécution , à Dieu ne )) plaise ! mais ce n'est pas conseiller la persécution )) que d'indiquer aux hommes d'État des mesures i) fortes, énergiques et légales tout à la fois pour
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» étouffer une vaste conspiration dont les auteurs ne » rêvent rien moins que le renversement de nos lois » nouvelles pour y substituer les vieilleries du moyen- » âge... Ainsi, si le gouvernement ne licencie pas » tous les petits séminaires ; s'il n'oblige pas les fa- » milles, dont quelques enfans se destineroient au » sacerdoce, à faire élever ces enfans comme le reste » des citoyens , qu'il s'attende à voir dans le clergé » un éternel perturbateur du repos public. — Quant )) aux grands séminaires , nous ne pensons pas non » plus qu'on doive les conserver tels qu'ils sont; ceux » qui les dirigent étant les ennemis de nos mœurs et » de nos institutions , doivent être remplacés par des » prêtres... amis de leur pays, tolérans, en un mot » imbus des vrais principes évangéliques , et non » point fanatisés... Tremblez, ministres du roi-cin toyen , Rome va lancer ses foudres ; ou plutôt ré- » veillez-vous , sortez de votre sommeil léthargique , » sauvez la patrie, la religion et les prêtres eux- » mêmes, en les forçant par des mesures fortes, » mais légales, à devenir raisonnables, et à rendre » ainsi la religion aimable aux peuples qu'ils sont » chargés de diriger dans les voies du salut. »
Voilà le libéralisme de M. Châtel ; voilà ce qu'il ose dire en présence des prodiges opérés pour la liberté par les catholiques en Irlande , en Belgique et dans la Pologne. Lui, demande qu'on les mette au ban de la société, il n'y a pas encore assez d'oppression pour eux; il sollicite des mesures plus fortes. Gr^ce à Dieu , de pareilles idées ne sont point de ce
temps. Certaines pensées de crime peuvent être encore jetées dans notre sol, mais elles n'y germent pas. Tout le monde a effroi de la tyrannie , et la France est mûre pour d'autres destinées.
Nous ne ferons pas à M. Châtel l'honneur de le comparer à Luther. Qu'est-ce que ce pygmée du schisme près du gigantesque sectaire qui remua l'Europe au seizième siècle? Quand le lion, sur le soir, sort de son antre , et rugit , et déchire sa proie , il y a des animaux lâches qui le suivent de loin , pour lécher à terre les gouttes de sang tombées çà et là sur ses traces.
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