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XLII PRÉFACE

et naturelle de la raison même. Donc, pour lui, deux ordres, un ordre d'obéissance et un ordre de liberté ; et l'homme , passif dans le premier ordre , n'étant actif que dans le dernier, c'est en celui-ci que s'opère le développement de l'humanité , en lui que réside le principe de tout progrès comme de tout mouvement. D'accord avec la foi et la conscience du genre humain , le catholicisme admet ce qu'elles proclament. Il reconnoît formellement l'existence des deux ordres que nous venons de nommer d'obéissance et de liberté. Partant du fait de la révélation , qui est sa base première , il établit qu'en dehors des dogmes et des préceptes révélés la raison et la volonté sont , à son égard entièrement libres. Il ajoute seulement que h fondateur du christianisme a institué une autorité extérieure perpétuelle, pour conserver, promulguer, interpréter infailliblement le dogme et les préceptes révélés. On doit obéir à cette autorité en tout ce qui est de sa sphère, ei tout ce qui dépend de la révélation ; cette dett acquittée , on ne lui doit rien en vertu de sa droit propre.

PRÉFACE. XLIIÏ

Ces deux ordres , reconnus unanimement , renferment les conditions essentielles de la yie de l'humanité, et correspondent respectivement à ses deux lois premières : la loi d'unité , qui comprend les devoirs, lesquels lient les hommes entre eux et à Dieu même ; la loi de liberté, par laquelle s'opère le développement individuel et le développement commun. Bien que ces ordres subsistent simultanément et se supposent Fun l'autre à plusieurs égards , on ne sauroit les concevoir comme distincts sans les concevoir comme indépendans. Faire dépendre en effet, à un degré quelconque, l'obéissance de la liberté , la liberté de l'obéissance, c'est évidemment les détruire toutes deux. Quel que soit l'acte , on n'obéit pas quand on est de droit libre de ne pas obéir ; on n'est pas libre quand on est de droit obligé d'obéir.

La question maintenant consiste à savoir , le système catholique étant donné, comment ces deux ordres , également légitimes , également nécessaires , peuvent subsister ensemble , complets tous deux, indépendans tous deux. Cette question est implicitement au fond de

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