PRÉFACE. XLI
grande généralité , telle qu'aujourd'hui elle se présente ^ quoique vaguement et confusément, aux esprits qu'elle inquiète. Ce n'est au fond ni une question de prince , ni une question de peuple; c'est l'immense question des rapports de l'humanité tout entière avec l'autorité spirituelle catholiquement conçue.
Selon la croyance universelle du genre humain , il existe un certain ordre de vérités qui ont le caractère de lois , et qui , sous ce rapport , sont hors du domaine de la raison et de la volonté libre. Ainsi nulle part ce qui blesse l'idée et le sentiment de justice , partout fondamentalement uniformes , n'a , aux yeux de \à conscience j ce caractère de liberté. Personne , en aucun lieu , ne sera , par exemple , dmis à se justifier d'un meurtre , en disant : l^on opinion est qu'on peut tuer à sa fantaisie. En un mot, le genre humain croit à un droit obligatoire invariable qu'on est tenu d'admettre parce qu'on est tenu d'y conformer ses actes. Mais il croit aussi qu'en dehors de ce Iroit chacun peut licitement agir et penser à n gré , sans autre règle que la règle logique