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PRÉFACE. LXIX

par cela même et inamissible essentiellement. La liberté ne pouvoit donc être dans ce système qu'une pure fiction. Le pacte fondamental où le prince stipuloit l'abandon d'une partie de son droit absolu étoit nul de soi , et ne l'obligeoit en aucune manière , car, quelle que fut sa volonté, il étoit impossible qu'il se dépouillât d'un droit divin , d'un droit indépendant de cette volonté même , et c'est aussi ce que plusieurs soutenoient très conséquemment. Mais il en résultoit que la France , leurrée par de vaines institutions, vivoit sous un despotisme latent, un despotisme de droit qui devoit tôt ou tard se transformer en un despotisme de fait. La démocratie n'avoit donc pas tort de s'alarmer de l'avenir et de chercher des garanties qui lui manquoient visiblement.

Autant la maxime posée par la royauté devoit être impopulaire , autant elle répugnoit à la raison et à la conscience générale , autant le principe contraire trouvoit naturellement de sympathie dans le peuple ; et quoiqu'il ne fût ni exactement expliqué ni nettement conçu en lui-même, une sorte de sentiment instinctif

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