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LXXX PRÉFACE

y vîmes un mouvement social, un pas fait par l'humanité vers les destinées meilleures qu'amène infailliblement le progrès intellectuel et moral. On pouvoit craindre néanmoins que le catholicisme, compromis sous l'ancien gouvernement , n'eût à souffrir des fautes commises ; et cette crainte , chacun le sait , préoccupoit vivement le clergé et la population croyante. On pouvoit craindre encore que le principe d'émancipation ne fût, quoique victorieux, arrêté dans son développement , soit par le retour à un système analogue à celui qu'on venoit de renverser, soit par une fausse conception de la liberté même , qui , séparée de la source de l'ordre et du droit, de la loi morale et divine , auroit abouti bientôt ou à l'anarchie ^ ou au despotisme, et, selon toute vraisemblance, à l'un et à l'autre successivement. Alors nous conçûmes la double pensée de préserver le catholicisme des malheurs qui le menaçoient , et , en unissant étroitement sa cause à celle de la liberté , de préparer le triomphe durable et pacifique de celle-ci. Tel fut, sans arrière-pensée d'aucune sorte , le but qu'on

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