PRÉFACE. XI
tique : la raison particulière de l'individu . la raison commune de l'espèce. Celle-ci étant évidemment supérieure à l'autre , puisqu'elle ren-ferme tout ce qu'il y a de commun dans les raisons particulières, qu'elle est, à notre égard, la faculté de connoître élevée à sa plus haute puissance , elle constitue dès lors la véritable raison humaine , et par conséquent la certitude n'est pour l'homme en général que cette raison même percevant le vrai selon sa nature , et pour chaque homme individuellement que cette même raison manifestant par un uioyen quelconque extérieur ses invariables perceptions.
Telle est la solution qui nous a paru et qui nous paroît encore la seule réellement solide , la seule admissible. On en propose toutefois deux autres. L'une consiste à reporter le principe de certitude dans la raison individuelle de chacun, de sorte que tous sont, au même titre, également certains de la vérité de ce qu'ils pensent , quelque opposées d'ailleurs que puissent être leurs pensées. En droit, ce système implique que chaque homme possède , dans toute sa plénitude, la raison humaine essentielle, et qu'il