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PRÉFACE. - IX

degré , il hésite et retient son acquiescement définitif. Or la pure logique ne fait rien concevoir : mathématique de la raison dans ce qui ne dépend pas du nombre , elle détermine les rapports divers que soutiennent entre eux des élémens donnés; et sans examiner en soi ces élémens, les prenant tels qu'ils lui sont fournis , elle opère sur eux selon des lois en quelque sorte fatales, qui la conduisent à des conclusions d'une irrévocable nécessité, mais hypothétiques en ce sens qu'elles n'expriment que des relations , et n'apprennent rien sur l'effective réalité des objets mêmes entre lesquels ces relations idéales subsistent. La question de la certitude résolue logiquement , nous le croyons, attend donc encore une autre solution , qui ne pouvoit venir cju'après la première, et qui devra la justifier; une solution philosophique fondée sur la conception des êtres et de leurs lois. Tant que celle-ci manquera , la première ;, obscure à certains égards , laissera toujours quelque vague inquiétude en beaucoup d'esprits, d'autant plus qu'à cause de sa rigueur même il est clair que la règle qui s'en déduit ne sauroit jamais être

X PRÉFiVCE.

appliquée aux réalités existantes , lesquelles n'ont rien d'absolu, sans être de fait modifiée par elles suivant leur essence. Telle est la véritable source de ces multitudes de difficultés de détail dans lesquelles se sont embarrassées un grand nombre d'intelligences foibles, et des controverses, pour la plupart aussi stériles qu'animées, auxquelles elles ont donné lieu.

En soi la question de la certitude renferme deux élémens, le vrai indépendant de la raison, et la raison qui perçoit le vrai. L'infaillible assurance de le percevoir actuellement, de le connoître , de le posséder, constitue la certitude, selon sa notion la plus étendue. Or la raison n'étant essentiellement que la faculté de percevoir le vrai , de le connoître , il s'ensuit que la certitude n'est que la raison même essentielle, et que dès lors cette question. Qu'est-ce que la certitude? se réduit à celle-ci , Qu'est-ce que la raison? De sorte que là où est la raison la plus parfaite , là aussi nécessairement est la certitude la plus grande. Or on peut distinguer dans l'humanité , non pas deux raisons diverses, mais deux degrés de la même raison une et iden-

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