PRÉFACE. XCVII
peuples ; car la cause des peuples est celle de toutes les libertés , et spécialement de celle de la presse. La maxime d'où elle part une fois posée , c'étoit donc pour elle un devoir rigoureux d'employer tous ses efforts pour détourner les catholiques de s'associer au mouvement social qui emporte les nations vers un nouvel avenir. Elle de voit donc, par cela même , s'allier avec les souverainetés absolues contre les populations qui combattent pour s'affranchir du joug que chaque jour elles appesantissent davantage sur elles. Nous pensons qu'elle aura gémi de cette triste nécessité ; mais , dans les idées qui sont les siennes , c'étoit évidemment une nécessité.
Cette alliance , sous un autre rapport , étoit encore indispensable. Sitôt qu'on se séparoit du peuple, il falloit se prémunir contre le peuple , chercher en dehors delui unpoint d'appui pour réagir sur lui. Sitôt qu'on se défioit de la puissance morale du catholicisme , qu'on la jugeoit insuffisante pour assurer sa conservation , il falloit recourir à une puissance d'une autre nature : et où la trouver, sinon dans une