CVI PRÉFACE
Iiarchie compatible avec la république. Qae cette pensée fût à l'époque où nous l'énoncions et qu'elle ait continué d'être celle de plusieurs , on ne s'en étonne pas moins que des esprits sensés aient pu l'admettre un seul moment. Dans une société libre, le pouvoir, simple exécuteur de la volonté nationale, ne commande pas , ilobéit: or qu'est-ce qu'un droit héréditaire d'obéissance ? Dans une société libre , le pouvoir répond de ses actes au peuple qui l'a délégué, sans quoi la liberté, pouvant être impunément violée à tous les instants, ne seroit qu'une fiction dérisoire , un vain nom : or si le pouvoir est responsable , si le peuple qui le donne peut aussi l'ôter, comment est- il héréditaire ? Et s'il est réellement héréditaire ou inamissible , excepté par suite d'une révolution que jamais la loi ne prévoit ni ne doit prévoir, comment seroit-il responsable, comment le peuple qui l'a donné pourroit-il l'ôter , en cas d'abus ? Mais ce cas , dit-on , n'arrivera point, ou n'arrivera que rarement. C'est bien connoître la nature humaine ! Dites que nécessairement il arrivera toujours. Les intérêts de