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PRÉFACE. CXI

fendre le peuple contre le peuple ? 11 est vrai qu'alors vous n'auriez ni élal de siège, ni mitraillades . ni des drames tels que ceux de Lyon et delà rue Transnonain. On ne sauroit où faire de l'ordre public.

Passons à ce qui touche la liberté. Celle de la presse, qu'en a-ton fait? Après l'avoir surchargée d'entraves fiscales , jugée dangereuse encore pour les intérêts dynastiques , on l'a ruinée par des amendes, et jetée pêle-mêle avec les brigands, les voleurs, les assassins dans les bagnes et dans les cachots. Sur toutes choses, que le peuple ne lise point. Où en serionsnous si l'instruction arrivoit jusqu'aux prolétaires , jusqu'à ces barbares qui menacent notre civilisation , qui sont tout près de penser qu'eux aussi sont hommes, qu'eux aussi ont une patrie , et des droits dans cette patrie , au moins celui de vivre ? Quelle arrogance ! vite , la loi des crieurs publics , et , pour sûreté plus ample , celle contre les associations , puis celle du désarmement. Certes les ministres de la royauté citoyenne ont eu bien raison de dire qu'aucune nation en Europe n'étoit libre

CXII PRéPACE.

comme la nation française. On y est libre d'écrire sous l'œil du parquet ^ entre le receveur des domaines qui tend la main pour recevoir Tamende et le guichetier qui avance la sienne pour tirer le verrou sur Técrivain. On y est libre de s'assembler pour s'entretenir avec ses amis , pourvu qu'on se résigne à continuer en prison l'entretien ; libre de se promener sur une place publique , pourvu qu'on n'ait pas la foiblesse de craindre le bâton des assommeurs patentés et pensionnés ; libre d'avoir chez soi des armes , pourvu qu'on ne tienne pas à les garder , si on les découvre , et qu'on n'ait point de répugnance à rendre compte de cette fantaisie à M. le procureur du roi.

La Charte avoit promis la liberté d'enseignement ; une loi de déception sur les écoles primaires en a plus que jamais concentré le monopole dans les mains de l'Université. L'enseignement supérieur et intermédiaire est resté ce qu'il étoit , c'est-à-dire dépendant de cette même Université qui , se réservant le privilège de vendre l'instruction, ne permet pas même que d'autres la distribuent gratuitement à ceux qui

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