EN MARCHE
Du pays des Gaëls ces tribus sont venues.
Les yeux bleus des guerriers ont la couleur des mers. Dans l'aube, leurs colliers d'or fin couvrent d'éclairs L'ivoire éblouissant de leurs épaules nues.
Depuis longtemps déjà des rumeurs inconnues
Et de lointains appels chantaient dans les déserts.
Un grand souffle héroïque a traversé les airs.
Où marchent-ils ? — Où vont les vents, où vont les nues.
Pour ces aventuriers, qui cherchent l'Ignoré, Des villes, sommeillant dans un brouillard doré, Ont lui dans la vapeur magique d'un mirage.
Leur âme, quand la mort la délivre, s'enfuit, Planant dans le ciel sombre et chevauchant l'orage, Vers les resplendissants abîmes de la nuit.