‹ Jours d'autrefoisChapitre 2 sur 37 · NUIT SAINTE · texte numérisé non relu

NUIT SAINTE

Dans l'Armorique, au fond des clairières sauvages, Flotte dans la rosée et sur les fleurs de nuit Le vol paisible et doux des phalènes. Nul bruit. On entend la rumeur lointaine des rivages.

Les Druides sont là, mêlant les saints breuvages, Songeant à l'Éternel ; et chacun d'eux poursuit Sa pensée, et parfois dans l'ombre tremble et luit Le glaive redoutable et sacré des Evhages.

Et les Bardes, avec la rhote, où le soupir

Des brises vient parfois vibrer et s'assoupir,

Vont d'un chant triste et doux charmer les solitudes.

Et, comme un flambeau morne et pâle au fond descieux, Eclairant les rochers aux roides attitudes, La lune argenté au loin les bois silencieux.

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