‹ Jours d'autrefoisChapitre 34 sur 37 · LA GRAND'ROUTE · texte numérisé non relu

LA GRAND'ROUTE

Hiver, bise cinglante, et croissant fin et clair. Les atomes glacés papillonnent dans l'air.

La grand'route, livide et résonnante, file Jusqu'aux murs inconnus d'une lointaine ville. De vagues diamants, sur le silex gelés, Brillent ; sur les côtés, maigres et flagellés, Des arbres grimaçants tordent leurs bras funèbres. A l'infini, les champs vides, dans les ténèbres. Pas de bouge éclairé, pas de clocher ancien A l'horizon, montrant du doigt la Lune. Rien.

112 PER AMICA SILENTIA LUNiE

Les kilomètres blancs, roides, levant leurs bornes, Sont des fantômes droits, immobiles et mornes, Au sol qui les étreint pour toujours attachés, Et les monts de cailloux sont des spectres couchés.

PER AMICA SILENTIA LUNiE 115

Nous sommes, ô rêveurs, le peuple diaphane, Nous sommes les amis du vieil Aristophane.

O rêveurs, nous sommes encor Les chevaliers servants de la Lune. Autour d'elle, Nous sommes l'escadron pacifique et fidèle :

Nous sommes les Nuages d'or.

lié PER AMICA SILENTIA LUNiE

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