CE QUE DISENT LES BOIS
Connaissez-vous le chant des bois dans l'ombre obscure ? On entend comme une âme immense qui murmure Un hymne, au bruit lointain des grands fleuves pareil. On entend respirer l'universel sommeil.
Lorsque l'essaim léger des brises apaisées Caresse mollement les collines boisées, Emportant dans son vol, avec de longs frissons, Les parfums pénétrants qui montent des buissons,
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Quand la Lune paraît, princesse au blanc cortège, Rayonnante, au milieu des nuages de neige, Sous les étoiles d'or, sous le ciel éternel , L'hymne monte et grandit, profond et solennel :
« Les brumes du couchant ont rafraîchi la sève : « Le clair de lune emplit les larges horizons. « Astre, sois salué par la forêt qui rêve, « Par le bois ténébreux aux sombres frondaisons.
« Les eaux mortes, au fond des lointaines clairières, « Les étangs où ta face immobile reluit, « Semblent sur le sol brun, au milieu des bruyères, « D'étranges boucliers qui brillent dans la Nuit.
« Loin du soleil, les fleurs que cache l'herbe folle, « Où le vent fait frémir les diamants du soir, « Vers ton front pâle et doux balancent leur corolle, « Comme un mélancolique et pieux encensoir.
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« Car le bois est un lieu mystique et solitaire, « Comme le Saint des Saints que ne trouble aucun bruit, « Et j'érige vers toi, pleins d'ombre et de mystère, « Les grands chênes, piliers du temple de la Nuit.
« Vipères et lézards, blottis dans Fherbe rousse , « Geais et merles, nichés dans les feuillages lourds, « Tout dort, et sourdement voltigent sur la mcnisse « Les sphinx silencieux aux ailes de velours.
« Et j'admire, voyant les étoiles sans nombre,
« Le choeur étincelant des astre's qui te suit,
« Fleur des jardins du ciel, reine des fleurs de l'ombre,
« O nénuphar d'argent des lacs noirs de la Nuit. »
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