PER AMICA SILENTIA LUN.E
Quelquefois, déroulant mes vastes plaines d'ombre, J'étale mon miroir calme, splendide et sombre, Où tu mires ta face, astre silencieux ; Et souvent, quand tu fais trembloter mille flammes Sur la crête des flots mouvants, mes hautes lames Dans un élan d'amour se dressent vers les cieux.
Car la Vie et l'Amour sont partout : dans la plante , Dans le métal rigide et la bête hurlante , Dans l'être qui n'est pas encore ou qui n'est plus. C'est pourquoi les Voyants qui marchent sur les grèves Ecoutent longuement, dans leurs étranges rêves, L'hymne mystérieux du flux et du reflux.