CE QUE DIT LA MER
Fort souvent, au hasard des ouragans sauvages, Je jette mes flots lourds sur les mornes rivages, Et sur les durs écueils je brise les vaisseaux; Mais les hommes à tort m'ont crue indifférente , Car un puissant désir gonfle ma vague errante, Car une vie énorme est dans les Grandes Eaux. •
A l'heure où s'arrondit le dôme des ténèbres,
Sur mes immensités splendides et funèbres,
Un pétillement d'or étincelle et reluit.
Quand la Lune paraît, mon sein qu'une âme habite
Vers ses larges clartés se soulève et palpite ;
Je balance en chantant mes houles dans la nuit.
gitizedby V^iO