‹ Joyzelle; piéce en cinq actesChapitre 26 sur 83 · ACTE II, SCÈ.XE I · texte numérisé non relu

ACTE II, SCÈ.XE I

détresse ne sauraient Tépuiser ! ... Je suis dans la lumière elle printemps m'accable!... Je regarde le ciel et le jardin s'éveille!... Entends-tu les oiseaux qui font chanter les arbres et répètent ton sourire et le « oui " merveilleux; et vois-tu les rayons qui caressent tes cheveux comme des diamants qui jouent parmi les flammes, et les milliers de fleurs qui se penchent sur nous pour surprendre en nos yeux le mystère d'un amour qu'elles ne connaissaient pas !...

JOYZELLE ouvrant les yeux.

Il n'y avait ici que de pauvres fleurs mortes...

;EUe regarde autour d'elle, stupéfaite; car dès l'entrée de Lanci'or, sans qu'ils y aient pris garde, le morne jardin, s"e.st peu à peu et magifuienient transfigiu'é. Les plantes sauvages, les mauvaises herbes qui l'empoisonnaient ont grandi, et chacune, selon son espèce, a magnifié iusqu'au prodige ses fleurs épanouies. Le chélif liseron est devenu une liane puissante dont les admirables calices enguirlandent les arbres sunhargés de fruits mûrs et peuplés d'oiseaux miraculeux. Le mouron blanc est un grand arbrisseau d'un vert ardent et tendre, où éclatent des fleurs plus larges que des lys. La pale sca-

bitfuse a allongé ses tiges où se dressent des houppes pareilles à pré:'ent à des tournesols mauves... Les papillons volent, les abeilles bourdonnent, les oiseaux chanteut, les fruits se ba'ancent et tombent, la lumière ruisselle. I.a perspective du jar.Jin s'est (•tendue à l'infini; et l'on entrevoit maintenant, à droite, un bassiu de marbre, à demi-caché derrière une haie de lauriers-roses et d'héliotropes taillés en arcades.)

LANCEOU

Il n'y a plus ici que les fleurs de la vie!... Regarde!... Elles descendent, elles ruissellent sur nous!... Elles éclatent aux branches, elles font ployer les arbres, elles entravent nos pas, elles se pressent, elles s'écrasent, elles s'ouvrent toutes grandes les unes dans les autres, elles aveuglent les feuilles, elles éblouissent l'herbe ; je n'en connais aucune et le printemps est ivre ; je n'en ai jamais vu d'aussi désordonnées, d'aussi resplendissantes!...

Où sommes-nous?.

Page 1