ACTE II, SCÈNE III
MERLIN
Et tu ne le sais pas ?
ARIELLE
?Son, elle a un esprit qui n'est pas tout entier dans ma sphère; qui dépend d'un principe que je ne connais pas, que je n'ai vu qu'en elle, et qui change l'avenir... J'ai essayé de la soumettre; mais elle ne m'obéit que dans les petites choses. Mais il est temps d'agir. — Va retrouver Joyzelle et laisse-moi ton fils. — Va-t'en, pour ne pas faire dévier l'épreuve... Je vais le ranimer, je vais renouveler et rendre plus profonde et plus aveugle encore l'ivresse dans laquelle je viens de le plonger ; et je vais devenir visible à ses regards pour tromper ses baisers...
Mi;i;i,lN, avec un reproche souriant dans Ja voix. Ariello...
ARIELLE
Ya-t'en, laisse-moi faire... Tu le sais, les baisers que l'on donne à la pauvre Arielle, passent comme le reflet d'une aile qui se ferme sur une eau qui s'écoule...
(Merlin s'éloigne. Arielle se dirige vers le bassin de marbre : et là, à demi cachée derrière la haie de lauriers-roses, elle entr'ouvre les voiles qui l'enveloppent, s'assoit sur les gradins gazonnés qui entoureat le baï^sin et dénoue lentement sa longue chevelure, tandis que Laiicéor s'éveille en tâtonnant.)
LANCEUR
Où m'étais-je endormi ? Je ne sais quel poison est entré dans mon cœur... Je ne suis plus le même et ma raison s'égare... Je lutte contre
l'ivresse et j'ignore où je vais... (Apercevant Arielle.)
Mais quelle est cette femme derrière les lauriers -
roses... (11 s'approche de la haie de lauriers et regarde.)
Elle est belle !.. Elle est à demi-nue et son pied