‹ Joyzelle; piéce en cinq actesChapitre 34 sur 83 · ACTE II, SCÈNE III · texte numérisé non relu

ACTE II, SCÈNE III

recourbé comme une fleur prudente, làle Teau qui sourit en le cerclant de perles... Elle lève les bras pour nouer ses cheveux; et la clarté du ciel coule entre ses épaules, comme une eau lumineuse sur des ailes de marbre... (Sapprochant l'.avantage.) Elle est belle, elle est belle !... Il faut que je la voie... Voici qu'elle se retourne et l'un de ses seins nus, à travers ses cheveux, ajoute des rayons aux rayons qui Fassaillent... Elle écoute, elle entend ; et ses yeux agrandis interrogent les roses... Elle m'a vu, elle se

cache, elle va fuir... Passant à travers la haie.) ÎNon,

non, ne me fuis pas!... J'ai vu... Il est trop

tard 1... Prenant Arielle dans ses bras.) Je Veux savoir

le nom d'une vision si pure, qui plonge dans la nuit tout ce que j'ai aimé î Je veux savoir aussi quelle ombre trop fidèle, quelle profonde retraite recelait la merveille que je liens dans mes brasi... Quels arbres, quelles grottes, quelles tours, quelles murailles pouvaient donc étouffer l'éclat de celte chair, le parfimi de cette vie, la flamme de ces yeux.'... Où donc te cachais-tu, toi qu'un aveugle même retrouverait sans peine

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dans une foule en fête?... Non, ne m'écarte pas: ce n'est point la passion, livrasse d'un moment; c'est l'éblouissement durable de l'amour!... Je suis à tes genoux que jenibrasse humblement... Je me donne à toi seule... Je ne suis plus qu'à toi... Je ne demande rien qu'un baiser de les lèvres pour oublier le reste et sceller l'avenir... Que ta têle s'incline... Je la vois qui se penche, je la vois qui consent: et j'appelle le signe que

rien n'efface plus... (il l'embrasse ardemment. On entend un cri de détresse derrière les buissons.) — Qu'est-ce ?. . .

• (Arielle qu'il tenait embrassée se dégage, fuit et disparait. — Entre Joyzelle.)

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