ACTE III, SCÈNE 1 HT
donner... Je perds enfin la vie comme j'ai perdu
Joyzelle... Kllc ne me verra plus, je ne la verrai
plus...
Une porte s'ouvre. — Entre Joyzelle.)
JOYZELLE, surprise par robscurité, elle s'arrèle un instant sur le seuil. Puis, son regard fij'ant fait le tour de la pièce, elle aperçoit Lancéor couché dan:^ un coin, et s'élance vers lui les bras tendus.
Lancéor!... Ah ! ces trois jours passés j'ai vécu comme une folle ! Je te cherchais partout. J'approchais de la tour... Les portes étaient fermées, les fenêlres aussi. Je rampais sur le seuil pour surprendre ton ombre, j'appelais, je criais, personne ne répondait... Mais comme lu es pAle, amaigri!... Je le dis des paroles et je ne songe pas... Donne-moi tes deux mains...
LANCÉOR
Tu me reconnais ?
Pourquoi non?
LANCÉOU
Mais je ne suis donc pas?... Je suis encore moi-même?... Mais regarde-moi donc !.. . Quelles
traces en reste-t-il?... (Allant au rideau de la fenêtre et
le tirant brusquement. Mais regarde! regarde!... Où me retrouves-tu?... Dis-moi donc, est-ce ici?... Sont-ce mes mains, mes yeux, mes vêtements peut-être ?
JOYZELLE, le regardant et se jetaut tout en pleurs dans ses bras.
Oh ! comme tu as souffert
LANCEOR
J'ai souffert, j'ai souffert!... Je l'ai trop mérité, après ce que j'ai dit, après ce que j'ai fait!... Mais ce n'est pas cela qui m'importe ou m'accable... Je consens à mourir, pourvu que tu retrouves, ne fût-ce que le temps d'abaisser un