‹ Joyzelle; piéce en cinq actesChapitre 52 sur 83 · ACTE III, SCÈNE II · texte numérisé non relu

ACTE III, SCÈNE II

le pauvre être inconscient qu'un hasard malveillant a placé sur la roule... Et ne t'y trompe point, je l'en parle, à présent, sans haine et sans envie, mais non pas sans elîroi, lorsque je pense aux jours navrants qu'il le prépare... C'est pourquoi je m'obstine à l'éclairer sur lui, au risque de te déplaire... Je n'ai plus d'autre soin que de te détourner d'un malheureux amour, oîi toutes les déceptions, toutes les larmes t'attendent... Je n'espère rien pour moi... Je ne demande pas que lu m'aimes à sa place... Tu m'as assez montré que ce n'est point possible... Je souhaite simplement que tu ne l'aimes plus ; c'est tout ce que j'implore de la bonté du sort; et le sort, cette nuit, exauce ma prière...

Comment?...

MERLIN

L'épreuve est grave et triste ; j'aurais voulu te

l'épargner... Mais tu sais mieux que moi qu'il y a des souiïranoes salutaires, devant lesquelles il est honicux de fuir... Un gesie va suffire pour renverser un monde... Un petit mouvement de ce cou qui se penche encore sans inquiétude, un unique regard de ces yeux Irop conlianls et trop pleins d'innocence, va détruire devant moi la chose la plus belle que l'amour ait créée dans le cœur d'une femme... Et pourtant, il le faut... Il est juste, il est bon, qu'elle s'abîme aujourd'hui dans des larmes qui ne seront peut-être pas ineffaçables, puisque plus tard, elle aurait dû crouler dans des douleurs que rien n'eût consolées.

JOVZELLE

Que voulez-vous dire?...

Qu'en ce moment même, où tout ce que ton cœur a d'intact et de vrai, de limpide et d'ardent,

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