ACTE III, SCÈiNE
JOYZELLi;, séveillant.
Lancéor!
mi:klix
Oui, c'est moi que la nuit a conduit près de toi ; et qui viens t'éveiller dans un nouveau baiser, afin que tu retrouves...
JOVZKLLK, se dressant brusquement et le regardaut avec terreur.
(Jui ètes-vous?...
-MLKLIX, avançant les liras pour l'enlacer.
Tu le sais bien, Joyzelle, et l'amour doit te diie...
JOVZKLLIJ, s'écartant viulcuinient.
Ab ! ne me touchez pas ou j'appelle la mort pour qu'elle vienne mettre fin à cet borrible
108 JOÏZELL!::
rôve!... Je ne sais quels fantômes ont hanté cette nuit, mais voici le plus vil, le plus bas, le plus lâche que l'ooibre ait envoyé!... Je n'y crois pas encore!... Je cherche le léveil en meurtrissant mes yeux!... Ah! ne m'approchez pas!... Arrière!... Allez vous-en! Vous me faites horreur!...
MERLIN
Regarde-moi, Joyzelle... Je ne to comprends pas et le sommeil sans doute trouble encore...
Où est-il?...
MERLIN
Réveille-loi, Joyzelle.
Où est-il, et qu'en avez-vous fait?.
agth: m, scène ii loy
MERLIN
Il est tout OÙ je suis; et si tes yeux t'égarcnt...
joyzixlf;
Vous ne savez donc pas que je le porle ici, dans ces yeux qui vous voient et comparent ce qu'il est avec ce que vous êtes?... Tous n'avez donc pas vu ce qu'il est dans mon cœur, pour limiter ainsi !... Vous, à côté de lui; vous sous ses vêtements et sous son apparence, ah! c'est comme si la mort voulait être la vie!... Mais vous seriez vingt mille (jui lui ressembleriez, et lui seul parmi vous ne serait plus pareil à ce qu'il était hier; que je renverserais les vingt mille fantômes, pour aller au seul homme qui ne soit pas un soUj^e parmi les autres songes !... Oh ! n'essayez donc pus de vous cacher dans l'ombre... Vous ri-culez trop tard; je vous ai découvert et je sais (jiii vous êtes... Je connais vos prestiges; et comme j'en rirais, si je ne
craignais point que par vos maléfices, vous n'ayez usurpé, en le faisant souiïrir, une forme si chère et si méconnaissable!... Que lui avezvous fait?... Où est-il?... Je saurai... Vous ne partirez pas sans avoir répondu... (Saisissnnt la main de Merlin.) Je suis seule, je suis faible... Mais je veux, mais je veux... Je saurai, je saurai!...
MERLIN
Je t'aime trop, Joyzelle, pour lui faire aucun mal, tant que lu Taimeras. — Il n'a donc rien à craindre. — 'Se me crains pas non plus. Je ne suis pas ici pour profiter de l'ombre et surprendre ton cœur. J'avais un autre but. — Ecoule-moi, Joyzelle, ce n'est plus le rival ou l'amant malheureux; c'est un père prévoyant et incjuiet qui te parle... Avant que fût venu celui qui t'a conquise, comme jamais homme au monde n'a conquis une femme, j'avais, je le confesse, entrevu un bonheur qu'il est vain de poursuivre au déclin des années... Aujourd'hui, je renonce, triste, mais de bonne foi... Je sais combien lu aimes