ACTE m, SCÈNE II
pas; ils n'ôcoutont que leurs lèvres!... Mais retourne-toi donc, Joyzelle, je t'en supplie!... Il y va de la vie et de tout le bonheur auquel tu auras droit!... Ne repousse pas ainsi la vérité qui s'olîre et qui vient te sauver si tu as le courage de Taccueillir enfin! Elle ne reviendra plus que pour te faire pleurer quand il sera trop tard!... Mais regarde! regarde I... Il ne faut même plus que tu tournes la tête!... Ton étoile est clémente et ne se lasse point!... Ne ferme pas les yeux, elle vient les dessiller!... Vois!... Tombre même de leurs bras, allongée par la lune, rampe sous celte arcade pour couvrir tes genoux!... Ouvre les yeux! Regarde!... Elle vient te braver et monte jusqu'à les lèvres!...
JOVZKLLK
Non.
(Un silence.)
Je te comprends, .loyzelle. Ce n'est pas devant
moi que tu dois renier les restes de ton amour... Je te laisse à toi-même, en face de ton devoir, en face de ton destin... De pareils sacrifices ne veulent pas de témoins et demandent le silence... La vérité est là; il est lâche de la fuir... Tu sauras l'affronter lorsque lu seras seule... 11 en est temps encore... Je t'admire, Joyzelle... Ta vie et ton bonheur invoquent ton courage et dépendent d'un regard...
(Merlin sort. Joyz'^lle, un long moment, reste assise sur le banc, immobile et les yeux agrandis, regardant fixement devant elle. Puis elle se lève, se redresse et s'éloigne lentement sans tourner la tête.)