ACTE V, SCÈNE II lo
à toi d'arrêter l'arme encore incertaine que Joyzelle s'apprête à lever contre nous...
ARIELLE
Mais je ne puis savoir si je le pourrai faiie!... La force de Joyzelle est si prompte, si profonde, qu'elle échappe à mon bias, qu'elle échappe à mes yeux, qu'elle échappe au destin!... Je ne vois que l'éclair de l'acier qui retomba... Tout se mule dans une ombre; et ma vie et la tienne dépendent d'un mouvement de ma main malhabile...
3IERL1N
Elle est là, je l'entends, elle tàte la porte. — Obéis et lais-loi ; moi j'obéis aussi. Veille et sois prompte et forte. — Je vais fermer les yeux pour attendre mon sort...
ARIELLE, épouvantée et affolée.
Renonce!... Je ne puis!... Je refuse !... Je veux fuir!...
MERLIN, impérieusement.
Tais-toi...
(11 s'étend sur le lit, ferme les yeux et semble profondément endormi. Arielle, accablée de sanglots, s'affaisse siu" les marches de l'estiade. — A gauihe, à l'extrémiié opposée de la salle, s'ouvre une petite porte, et' l'on voit entrer Joyzelle enveloppée d'un long manteau et une limpe à la main. — Elle fait deux ou trois pas, puis s'arrête. — Arielle se redresse, et, invisible derrière les lourds rideaux, attend au pied du lit.
JOYZELLE, s'arrêtant, hagarde, hésitante, tremblante.
Maintenant el ici... J'ai fait le dernier pas... Jusqu'à cette minute que le temps, à présent, ne peut plus retenir el qui va voir une chose qui ne s'elTace plus, jusqu'à celte petile porte qui vient de se fermer sur deux deslins captifs, je savais, je savais tout ce qu'il fallait faire... Ah ! j'avais réfléchi et j'avais bien jugé!... 11 n'y ûvail que cela, il n'y avait rien d'autre; c'était sûr, c'était