‹ Joyzelle; piéce en cinq actesChapitre 73 sur 83 · SCENE · texte numérisé non relu

SCENE

MERLIN, ARIELLE, puis JOYZELLE et LÂNCÉOR

[La même salle quau quatrième acte. La lune l'éclairé de sa lumière bleue. A «Iroile, sur un grand lit de marbre, est a*sis .Merlin. Ârielle, au chevet, est agenouillée sur les marches de l'estrade qui supporte le lit.)

MKRLIN

Arielle, l'heure sonne et Joyzelie s'approche... Jai fait le sacrilice de ma vie inulilc ; et pourtant je voudrais que ma mort, s*il se peut, ne vînt pas attrister l'amour le plus ardent et le plus innocent que la terre ait porté... Mais lu trembles, tu pleures, tu me caches tes yeux

agrandis par les larmes... Que vois-tu, mon enfant, que tu regardes ainsi avec tant d'épouvante?...

ARIELLE

Maître, je t'en supplie, renonce à cette épreuve, il en est temps encore!... Mes yeux ne percent pas la brume qui l'entoure... Elle peut être mortelle, je le vois, je le sens, et ce sont nos deux vies que le hasard a mises dans la main d'une vierge aveugle et affolée... Je ne veux pas mourir!.,. 11 y a d'autres issues... Je t'ai toujours servi comme ta pensée même... Mais aujourd'hui, j'ai peur, je ne puis plus te suivre... Tu sais bien que ma mort est l'écho de la tienne... Renonce, nous chercherons ailleurs, dans l'avenir; et nous pouvons encore échapper au péril...

iMERLlN

Je ne puis renoncer à la dernière épreuve. — C'est ù toi de veiller pour la mener à bien. C'est

Page 1