‹ Jubilé de Paul BourgetChapitre 11 sur 52 · DE M. GEORGES BRANDÈS · texte numérisé non relu

DE M. GEORGES BRANDÈS

lo novembre 1923.

Monsieur le Directeur,

Après beaucoup de détours, votre aimable lettre m'est parvenue ici à Paris, oii je n'ai pas un livre avec moi et rien pour approfondir mes souvenirs de la lecture des œuvres de Paul Bourget.

Je ne pourrai donc vous écrire que quelques lignes, qui ne seront dignes ni de Paul Bourget ni de moi-même. Je le déplore; car f aurais voulu contribuer un peu à payer la dette de reconnaissance qu'on lui doit et que je lui dois personnellement.

J'ai suivi avec intérêt et admiration presque toute la carrière de Bourget, et la divergence qui s'est manifestée quelquefois entre ses opinions et Us miennes n'a jamais diminué ma sympathie pour l'écrivain ni mon respect pour l'homme.

Certainement il est arrivé assez loin de son point de départ. Le temps est éloigné où il était disciple de Stendhal et de Taine. Mais il est toujours le maître de l'analyse psychologique, et se révèle presque encore plus remarquaquable comme critique que comme romancier. Néanmoins sa vraie gloire repose sur ses romans. J'admire ses études de caractères. Un personnage comme le baron de cinquante ans,

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