LE BON GUIDE
Il faut se rappeler la date à laquelle les écrivains de ma génération débutaient dans les lettres pour comprendre ce qu'ils doivent à Paul Bourget... Il était alors de bon ton de préférer à l'auteur des Essais de psycholologie contemporaine, de l'Etape (ce chef-d'œuvre), de la Physiologie de l'amour moderne, du Disciple, je ne Scds quels petits tyrans inquiets, « pouillards » de la couvée symboliste et incapables, par leurs seules œu\Tes, de se substituer à un Rimbaud, un Mallarmé, un Corbière, un Laforgue, \m Verlaine, dans notre admiration. Je ne citerai personne, mais entendons-nous bien, et qu'il ne soit plus question de rendre responsables Rimbaud, Corbière, Verlaine, Mallarmé, Laforgue, d'une influence qu'ils n'avaient point pré\'ue... Sans doute, cette influence — en s'exerçant, voilà quinze ans, sur quelques-uns de nous — les préparait à donner dans la mode qui, vers 1908, fit éclore d'innombrables petites revues... Temps héroïques où Jean-Marc Bernard, Jean Pellerin, Tristan Derème et tant d'autres collaboraient aux publications symboHstes ! Cela ne pouvait pas durer. Certaine enquête d'Henri Clouard — dans la Phalange — fit couler beau- Coup d'encre et nous permit soudain de réagir, de nous reprendre et d'oser brusquement voir clair dans les brouillards qui, de toutes parts, nous entouraient.
Nous n'avions pas, certes, en ces années charmantes où les meilleurs de nos amis étaient encore vivcoits, l'audace de nous découvrir d'autres maîtres que ceux de