Quant aux privilèges
a. Il est certain que l'on ne peut en jouir quune seule fois tant que la bulle ne dit pas expressément le contraire. Voici les paroles de Benoit XIV dans sa bulle " Convo- '■^ catis", n. 54: '■'■ Post primant vicem, nullus gaudere '■'■ amplius poterit benef.cio commutationuni aut dispensa- " tionuin in facultatibus superius positis eontentarum." Et les expressions '■'■ una vice", ^^ prima vice tantum", se
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retrouvent thius les diver.ses bulles et constitutions de Benoît XIV et de ses successeurs. Cfr. bulle " Quoniam" , § 20, et " Monita S. Pœn.", § 19, de Léon XIII,
b. Il est certain aussi (pie Von peut user successivement en des confessions différentes de tous les privilèges du Jubilé. Marc, P. III, ii. 1736.
Tous les privilèges étant des grâces gratuites que l'on peut séparer, si, dans une première confession, quelqu'un a reçu l'absolution d'un cas réservé, il peut, dans une seconde, demander la dispense d'un vœu.
c. Celui qui aurait déjà gagné le Jubilé scms avoir eu besoin d'user des privilèges, et qui pendant le temps du Jubilé viendrait à tomber dans un cas réservé, ou serait dans l'occasion de solliciter itne commutation, pourrait, si l'indulgence du Jubilé peut se gagner plusieurs fois, en se confessant avec le désir de gagner le Jubilé, bénéficier des privilèges accordés par la bulle. Voici la réponse affirmative donnée par la S. Cong. des Ind., le 1"' janvier 1873, au doute suivant :
I. '^ An po^i^it a confessorio siio absolrl, eoquod nimquam fuerit in anteactis confe^sionibus aliquo res'ervato irrestitus, ac j^ropterea nunqiiain hoc jubilai priviligio ysus .fit."
II. ' ' Si nffirmaiire , ulrum Titus^ denuo âebeat opéra prœstare rjtuc ad jubiln'um consequendum injuncta sunt f Resp. ad 1 et II affirmative."
Il n'y a aucun motif de ne pas appliquer cette réponse aux autres Jubilés dès que la bulle permet de gagner plusieurs fois l'indulgence. Lehmkuhl, P. Il, L. I, tr. V, n. .554 ; — K R. T., XVIII, p. 62.
Léon XIII, dans ses Monita, § XIX, le permet formellement :
" Si rero forte alictd Jiujusrnodi yratiartim necessifas tune folvm " occurrat, pos^tquamjam acquisdverit Juhihewn^ siu poMqiiam omnia " opéra pnexcripta implevirit, xemel iisdem gratiis eum gaudere posi.te " Sam ti las Sua bénigne concedit."
Du reste, les paroles de Benoît XIV le disent assez clairement: " Illum qui semel illarum, (gratiarum) jxir- " ticeps factus est prima vice quce Jubilœum consecutus " fuerit, iterum eorum particeps fieri non posse si iterum " in censuris incurrerit." Donc, si la première fois on n'en
a pas profité, on le peut dans une seconde confession. Le Pape, en effet, donne pouvoir d'absoudre des censures et des cas réservés sans distinction de temps.
d. Celui qui, dans sa confession de Jubilé, aurait déjà bénéficié des privilèges du Jubilé, ne pourrait plus en profiter, s'il venait à en avoir de nouveau besoin avant qu'il eût terminé les œuvres du Jubilé. En 1875, la S. Gong, des Ind. a répondu par un 7i07i catégorique à la proposition de ce doute. Voyez aussi " Monita", § 19 ; — " Quoniavi", § 26, de Léon XIII.
î50. 2. Quant à V indulgence.
a. S'il s'agit du Jubilé ordinaire, ou peut, à Eome, le gagner " toties quoties " pourvu que l'on en renouvelle les œuvres " Bis quoque aut pluries poterit hoc anni sancti " Juhilœum lucrari ". Léon XIII, Monita, § XIX.
Les privilégiés dans le reste du monde peuvent 4e gagner deux fois dans le cours de l'Année Sainte, pourvu qu'ils réitèrent les œuvres prescrites. Léon XIII, Const. j^terni Pastoiis, déc. 1899 : " Nous l'accordons deux /ois " dans le cours de l'Année Sainte, à ceux qui auront réitéré " les œuvres qu'on leur aura imposées, absolument comme " s'ils avaient accompli les œuvres prescrites à tous les " autres fidèles. "
6. S'il s'agit du Jubilé d'extension : " semel consequantur," dit Be?i. XIV. L'indulgence ne peut donc se gagner qu'une seule fois.
c. S'il s'agit d'un Jubilé exÂraordinaire, les meilleurs auteurs sont d'avis qu'on ne peut gagner l'indulgence qu'une seule fois, à moins que l'induit ne dise positivement le contraire, comme ce fut le cas en 1886. (*S^. Pœn., 15 janvier 1886). Ben. XIV confirme ce sentiment en donnant pour motif de sa permission de gagner plusieurs fois l'indulgence du Jubilé ordinaire, la raison de sa longue durée : " non agitur de duarum hebdomadarum Jubilœo."
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31> 4" Le frait de l'indulgence du Jubilé est, selon de très graves tliéulogieiis Lt'ls t[\w suint Anlouin, saint JBoiiaventure, et d'autres cités par Amort, p. IT, s. IV, § 199, en proportion des dispositions de celui qui la reçoit. Cette opinion s'appuie sur les paroles de Boniface VIII dans son Extrav. " Antiquorum ", § 1, où il dit : " Ceux " qui visiteront plus longtemps et avec plus de dévotion les '' églises désignées, mériteront davantage et gagneront '' plus efficacement l'indulgence. "
Mais d'autres grands théologiens et canonistes, tels que Suarez, Gobât, Viva, Zaccharia, avec saint Thomas, IV, dist. XX, q. 1, a. III, soutiennent que tous les fidèles gagnent la même plénitude d'indulgences dès qu'ils posent fidèlement les œuvres prescrites, parce que, dit saint Thomas, la rémission de la peine est proportionnée, non au labeur de celui qui gagne l'indulgence, mais aux mérites qui sont dispensés par le Souverain Pontife.